Très jeune Daniel avait ce désir de devenir un grand danseur comme son oncle Jorge Donn. Mais il y a rarement deux génies dans une même famille parait-il... Daniel s'est donc éloigné de cet univers artistique. Une trentaine d'année plus tard le hasard, les rencontres frappent à sa porte et la passion revient avec une question : a-t-il encore le droit de poursuivre ses rêves d'enfant ?
Il est toujours risqué de découvrir un spectacle lors de sa toute première représentation. Certains réglages restent à affiner, quelques détails trouvent progressivement leur place au fil des représentations, et c'est précisément ce qui rend l'exercice intéressant. C'est dans cet état naissant que j'ai découvert Dans l'ombre de Jorge Donn.
Même sans connaître particulièrement l'univers de la danse ni la figure de Jorge Donn, j'ai été touchée par la démarche d'Aliocha Itovich. Le fait que cette histoire soit en partie autobiographique fait que le danseur n'est pas ici une simple figure artistique ou historique : il est un oncle, un modèle, une présence qui continue d'habiter la mémoire de son neveu. Cette dimension intime donne au récit une profondeur émotionnelle qui dépasse largement le simple hommage.
Aliocha Itovich porte ce projet avec beaucoup de sincérité. À ses côtés, Hélène Degy apporte sa sensibilité, tandis que Vanessa Cailhol illumine littéralement la scène dès son entrée. Je savais déjà qu'elle était une merveilleuse comédienne et qu'elle chantait divinement bien. Ce spectacle m'a permis de découvrir une autre facette de son immense talent: elle danse avec une grâce et une aisance remarquables.
Les séquences chorégraphiques constituent également l'un des grands atouts du spectacle. Magnifiquement conçues par Olivier Bernard, elles sont à la fois expressives et porteuses d'émotions. On y ressent pleinement le plaisir et la liberté de danser. Ces moments, souvent très beaux visuellement, racontent parfois autant que les mots.
Si je devais formuler une réserve, elle concernerait principalement la construction du récit. L'intrigue réserve finalement peu de surprises et l'on devine assez rapidement la direction qu'elle emprunte. Mais ceci ne doit pas masquer l'essentiel : Dans l'ombre de Jorge Donn est une œuvre profondément sincère, écrite avec le cœur. L'amour qu'Aliocha Itovich porte à son oncle transparaît à chaque instant. Et lorsque l'émotion l'a gagné au moment d'évoquer son nom lors des remerciements, il devenait évident que ce spectacle était bien plus qu'un simple récit: c'est une déclaration d'amour adressée à celui qui continue, manifestement, d'occuper une place unique dans son cœur.
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