Dolto, lorsque Françoise paraît ⭐⭐⭐

Paris. 1916. À 8 ans, Françoise a une révélation : quand elle sera grande, elle sera médecin d’éducation ! Personne ne la prend au sérieux. Surtout pas sa mère, effrayée par cette enfant à la pensée si libre. Mais Françoise n’est pas seule, son Bon Ange Gardien veille sur elle et la soutient tout au long des épreuves de son enfance. Des épreuves que nous revivons avec eux, en remontant aux origines de la pensée de Françoise Dolto, et au gré de son regard d’enfant, à la fois si naïf et si clairvoyant…

Françoise Dolto fait partie de ces personnalités dont on connaît le nom et quelques grandes idées, sans forcément bien connaître le parcours. C’est précisément ce que permet de découvrir "Dolto, lorsque Françoise paraît" : la femme derrière la célèbre pédiatre et psychanalyste, mais aussi l’histoire personnelle qui a contribué à façonner sa pensée.

Le spectacle nous ramène à son enfance et aux événements qui ont participé à construire celle qu’elle deviendra. On découvre ses blessures, ses relations familiales parfois difficiles, notamment avec sa mère, mais aussi, très tôt, cette manière singulière de considérer les enfants et d’accorder de l’importance à leur parole. Peu à peu, on comprend mieux pourquoi l’éducation prendra une place aussi fondamentale dans sa vie. Il faut d’ailleurs souligner la difficulté du rôle de Sophie Forte, qui incarne Dolto enfant, adolescente, adulte, mais aussi à la fin de sa vie, avec des allers-retours incessants entre les époques.

Que l’on adhère ou non à ses théories, il est difficile de nier le caractère profondément novateur de la démarche de la psychiatre. À une époque où la parole et les émotions des enfants étaient encore peu prises en considération, elle a ouvert une voie et contribué à modifier durablement le regard porté sur l’enfance. C’est donc avant tout cet aspect biographique qui m’a intéressée. J’ai beaucoup appris et découvert une personnalité plus complexe que l’image que j’en avais, loin des représentations parfois simplifiées qui lui sont associées.

Les deux partenaires qui accompagnent Sophie Forte passent d’un personnage à l’autre avec une belle énergie et apportent énormément au spectacle. Stéphane Giletta, notamment, insuffle une réjouissante dose de folie à l’ensemble et provoque certains des moments les plus drôles de la représentation.

Au final, "Dolto, lorsque Françoise paraît" est une pièce que j’ai trouvée avant tout instructive, mais qui sait aussi ménager de jolies touches d’humour et d’émotion. Une manière de découvrir le parcours d’une femme incontestablement pionnière et de mieux comprendre ce qui a nourri sa pensée, sans pour autant devoir en partager toutes les convictions.

 

A voir au Théâtre du Lucernaire 

Du mercredi au samedi à 18H30, le dimanche à 15H

Une création d’Eric Bu

Avec Sophie Forte, Karine Texier ou Christine Gagnepain et Yann de Monterno ou Stéphane Giletta

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