4211 km

⭐⭐⭐⭐✨

Malheureusement, toutes les éloges que je pourrai vous faire ne vous permettront pas d'assister à ce magnifique spectacle à Avignon puisqu'il est complet jusqu'à la fin du festival. Il me tient tout de même à cœur d'en parler. Malgré mes craintes initiales puisque je n'avais eu que d'excellents échos de cette pièce et j'en attendais beaucoup, je n'ai absolument pas été déçue. Effectivement, il mérite ses Molières, il en aurait peut-être même mérité davantage, tant je n'ai aucune critique à émettre. La mise en scène est sublime, les comédiens sont excellents et l'histoire nous atteint en plein coeur. Je n'ai pas eu de coup de coeur à proprement parler parce que j'ai eu l'impression d'avoir déjà vu une histoire quasi identique dans le film "nous 3 ou rien", mais cela n'enlève rien à la qualité du spectacle. Je n'ai juste pas été surprise mais j'ai toutefois été gagnée par l'émotion dans la scène finale que j'ai trouvée poignante. Si vous avez l'occasion d'aller le voir à Paris ou en tournée, n'hésitez pas!

 

A voir au Studio Marigny

 

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Un mec cool

⭐⭐⭐✨

UN MEC COOL, c’est quelqu’un qui est mieux que nous, donc c’est normal qu’on paye pour le voir.

 

Guillaume Sentou rêve d’être un mec cool, ce type décontracté qu’on admire pour son aisance naturelle et sa confiance en lui. Mais, comme tout artiste digne de ce nom, il est traversé par ses propres doutes. Je l’avais découvert éblouissant dans des rôles comme ceux d’Edmond Rostand ou d’Auguste Maquet, où il mêlait avec brio humour, charisme et justesse. Son interprétation d’Edmond lui avait d’ailleurs valu un Molière du meilleur comédien. Et pourtant, derrière ce talent éclatant, il se sent ordinaire.

De ce constat est né un spectacle en solo, un récit intime et universel, porté par une écriture subtile et une interprétation d’une grande finesse, entre émotion, juste critique de la société et autodérision. C’est un tournant dans sa carrière : longtemps salué en duo ou en troupe, il choisit ici de se confronter seul au regard du public. Comme un défi lancé à lui-même, et qu’il relève haut la main.

Pour ma part, sa seule présence suffisait à me convaincre de venir. Et je n’hésiterai pas une seconde à retourner le voir sur scène. Je n’ai jamais été déçue.

 

A voir au Montorgueil, scène des Halles

 

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J'ai 8 ans et je m'appelle Jean Rochefort

⭐⭐⭐✨

Rosalie Pierredoux, 8 ans, sent toute la tristesse du monde peser sur ses épaules. Un matin, sans prévenir, Jean Rochefort et sa moustache vont changer son regard.

Difficile de commencer cette critique sans saluer d’emblée la performance éblouissante de Thomas Drelon. Il incarne avec une justesse rare la délicate Rosalie, une fillette qui, du jour où elle se réveille affublée d’une moustache, se persuade qu’elle est Jean Rochefort. Et paradoxalement, c’est ce postiche incongru qui lui permet enfin de s’affirmer, de prendre confiance en elle, et d’embrasser sa différence.

Le spectacle ose le surréalisme, et il faut accepter d’entrée de jeu ses partis pris décalés: oui, une petite fille de huit ans s’exprime comme un académicien ; oui, elle se réveille avec une moustache et arrive à s'exprimer comme Jean Rochefort. Mais une fois cette poésie absurde intégrée, on se laisse emporter par ce récit tendre, drôle et profondément humain.

Entre rires et émotions, cette fable moderne parle de dépression infantile, d’acceptation de soi et du pouvoir de l’imaginaire. Un moment de théâtre singulier, qui touche autant les enfants que les adultes.

 

A voir au théâtre des Béliers Parisiens

 

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La femme qui n'aimait pas Rabbi Jacob

⭐⭐⭐

18 octobre 1973. L’équipe des Aventures de Rabbi Jacob, le film de Gérard Oury avec Louis de Funès dans le rôle principal, attend avec impatience la sortie en salles. Le succès sera planétaire. Ce même jour, une jeune femme détourne l’avion Paris-Nice. Parmi ses revendications : que toutes les bobines du film soient mises sous scellés. 

"La femme qui n’aimait pas Rabbi Jacob", le dernier spectacle de Jean-Philippe Daguerre, s’appuie sur un fait divers méconnu et fascinant, qui constitue indéniablement l’un de ses grands atouts. En mettant en lumière cette femme complexe et fragile, la pièce suscite à la fois l’intérêt et une véritable empathie du spectateur. Sans chercher à l’idéaliser, elle la rend profondément humaine et attachante.

Les comédiens livrent une interprétation sincère qui contribue largement à la crédibilité de l’ensemble. La mise en scène se distingue par une utilisation inventive et très précise des écrans: la qualité des images projetées est saisissante et donne l’illusion de décors réels. Jean-Philippe Daguerre s’aventure ici hors de sa zone de confort, avec une audace qui s’avère être une réussite totale.

L’histoire gagne progressivement en intensité, captant de plus en plus l’attention à mesure que les enjeux se précisent. La volonté de dresser un portrait complet de cette femme, de son couple et de sa lente dérive est compréhensible, même si l’ensemble gagnerait à être un peu resserré. Le mélange des registres, entre humour parfois burlesque, engagement politique, récit historique et drame intime, peut également dérouter, mais il reflète l’ambition de la mise en scène.

La fin du spectacle est particulièrement marquante. Elle ouvre une réflexion sur la dimension tragique de cette histoire et invite à s’interroger sur les véritables raisons de la mort de cette femme, laissant le spectateur avec une impression durable et une matière à réflexion.

"La femme qui n’aimait pas Rabbi Jacob" est donc un spectacle ambitieux, encore en rodage, mais déjà très prometteur. Il séduit par son sujet, la qualité de son interprétation et certaines trouvailles de mise en scène, tout en laissant entrevoir de légers ajustements qui pourraient le rendre pleinement convaincant.

A voir au théâtre du Petit Montparnasse

 

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Le procès d'une vie

⭐⭐⭐⭐✨

Eté 1971, Marie-Claire, 16 ans, tombe enceinte. Bien que ce soit un crime puni par la loi, elle ne veut pas garder l'enfant. Elle veut avorter. Solidaire, sa mère, Michèle puis Lucette, Renée et Micheline mettent tout en œuvre pour l'aider. Mais l'avortement clandestin tourne mal... Automne 1972. Toutes les femmes se retrouvent inculpées. Une certaine avocate, Maître Gisèle Halimi, orchestrera ce procès, le procès de Bobigny. Leur courage a écrit la suite de l'Histoire.

"Le Procès d'une vie" est de ces spectacles qu'on n'oublie pas. Parce qu’ils remuent, bousculent, et éclairent une part essentielle de notre histoire collective.

Cette pièce est d’abord un hommage vibrant à Gisèle Halimi, figure incontournable du XXe siècle, aux côtés de Simone Veil ou Simone de Beauvoir. Une femme engagée, qui a fait bouger les lignes et ouvert la voie à un féminisme plus combatif.

Mais elle rend aussi hommage aux victimes du procès de Bobigny. Ce procès emblématique, qui a marqué un tournant décisif dans la lutte pour le droit à l’avortement.

Les comédiennes sont remarquables. Chacune donne chair et voix à son personnage avec une justesse saisissante. Et, comme si le public, constamment en tension, avait besoin de respirations, il s’amuse du personnage interprété par Jeanne Arènes qui, par son talent et son sens du rythme, parvient à faire rire même lorsque le propos est grave.

La mise en scène se distingue notamment par son ouverture immersive, qui surprend et capte immédiatement l’attention.

En résumé, un spectacle à la fois fort, nécessaire et profondément humain, qui réussit le pari de nous émouvoir autant qu’il nous instruit. À voir absolument.

 

A voir au théâtre du Splendid

 

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Le chant des lions

⭐⭐⭐⭐✨

Les histoires d’amour finissent souvent mal. Mais certaines changent le cours de l’Histoire.

1933. Germaine Sablon, l'une des chanteuses les plus populaires de la capitale, se produit dans un cabaret. Dans le public se trouve Joseph Kessel, journaliste, auteur, aviateur et aventurier. Leur coup de foudre est immédiat mais la guerre arrive et transforme la vie de ces deux amants.

Aujourd’hui, toutes les chansons de Germaine Sablon sont tombées dans l’oubli... Toutes, sauf une. celle qu’ils ont créée ensemble : Le Chant des partisans.

Mon premier véritable frisson du festival, je l’ai ressenti lors de la scène finale du "Chant des lions". Une scène intense, à la fois sobre et bouleversante, qui vient clore un spectacle brillant qui, dès les premières minutes littéralement emportée.

Il faut dire que tous les éléments étaient réunis pour me séduire: un récit historique passionnant, une mise en scène signée Charlotte Matzneff, et un texte coécrit par Julien Delpech et Alexandre Foulon, duo d'auteurs que j’avais déjà adoré dans Les Téméraires. Mais "Le Chant des lions" ne se contente pas de cocher les bonnes cases, il va au-delà. 

J’ai absolument tout aimé dans cette pièce. Les comédiens sont remarquables de justesse et la voix de Vanessa Cailhol, à elle seule, pourrait résumer l’émotion de ce spectacle: douce, vibrante, chargée de douleur et d’espoir.  L’histoire, qui mêle faits réels et fiction romanesque, est aussi instructive que haletante.

La mise en scène est, à mes yeux, le travail le plus abouti de Charlotte Matzneff. L’espace est exploité avec intelligence et chaque déplacement semble chorégraphié avec précision. Mais ce qui rend ce spectacle véritablement unique, c’est l’utilisation du talent de Mehdi Bourayou. Ici, pas de bande-son enregistrée : il crée en direct la musique et les bruitages, grâce à une multitude d’objets sonores technologiques, tout en interprétant plusieurs rôles. C’est une performance discrète mais essentielle, qui rend ce spectacle totalement unique.

Mêlant Histoire, aventure, amour, drame, suspense, et même cabaret, "Le Chant des lions" nous plonge dans la Seconde Guerre mondiale à travers une fresque sensible et passionnante. Le public ne s’y trompe pas : la salle est comble à chaque représentation. Un spectacle magnifique que je recommande sans la moindre hésitation.

 

A voir au théâtre Tristan Bernard

 

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Alba et Sadaf

⭐⭐⭐

Au Salvador, l'avortement est interdit et les femmes qui y recourent risquent des peines pouvant aller jusqu'à 50 ans de prison. Mais Alba tombe enceinte.

En Iran, les femmes n'ont pas le droit d'assister aux matchs de football dans les stades afin de les préserver de l'ambiance masculine, dangereuse pour leur pureté. Mais Sadaf a un rêve.

Alba et Sadaf ne se connaissent pas et ne se connaitront jamais. Pourtant, elles sont liées par quelque chose de bien plus fort...

"Alba et Sadaf" est un spectacle très touchant, porté avant tout par la force de ses histoires et le message qu’il transmet. À travers le destin de ces deux femmes, la pièce met en lumière, avec sensibilité et lucidité, la condition féminine encore largement bafouée dans de nombreux pays du monde. Le constat est saisissant et suscite une émotion sincère, tant il est difficile de rester indifférent face à ce qui est raconté. Et d'autant qu'il s'agit d'histoires vraies...

Le projet était à l’origine pensé comme un film, mais Kheiron a dû se tourner vers le théâtre afin de pouvoir donner vie à ces deux récits. Ce choix explique le caractère très cinématographique de la mise en scène, avec des enchaînements rapides et une narration visuelle marquée. Condenser ce qui aurait dû être un film de deux heures dans une pièce d’environ 1h10 impose un rythme soutenu, parfois foisonnant, qui reflète aussi l’urgence et la nécessité de raconter ces histoires. Quelques touches d’humour viennent enfin alléger l’ensemble, sans jamais détourner l’attention de l’essentiel : un message fort, nécessaire et profondément humain.

 

A voir à l'Apollo Théâtre 

 

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Et à la fin ils meurent

⭐⭐⭐✨

Gnangnan, les contes de fées ? Cucul, ces histoires pour endormir les enfants ? Détrompez-vous : avec leur lot d’amputations, meurtres, mutilations, cannibalisme et autres adultères, les versions originales ne sont pas à mettre entre toutes les mains ! Quatre personnages décident de prendre le contrôle du spectacle pour nous raconter la (sale) vérité sur les contes de fées. Le résultat est un florilège de récits jubilatoires, irrévérencieux, crus et détonants de modernité !

"Et à la fin, ils meurent"  affiche d’emblée la couleur: un titre percutant, un pitch prometteur, et la curiosité est piquée. Adaptée de l’ouvrage éponyme, cette pièce revisite les contes de fées en revenant à leurs racines les plus sombres. Oubliez les versions édulcorées destinées aux enfants: ici, on retrouve la violence, la cruauté, le sexisme et les morales ambiguës des récits originaux. Le ton est volontairement irrévérencieux, parfois cru, grossier ou trash ; le spectacle s’adresse clairement à un public adulte, et assume pleinement ses excès.

Derrière cette comédie déjantée se cache pourtant une réflexion plus fine qu’il n’y paraît. En détournant les codes du conte, la pièce interroge la société contemporaine, notamment le manque de diversité et les schémas stéréotypés transmis dès l’enfance. L’humour fonctionne à merveille : situations absurdes, répliques bien senties et rythme soutenu provoquent de nombreux éclats de rire. La mise en scène regorge d’idées inventives, tout comme le décor, riche en détails à observer. Les comédiens, débordants d’énergie, portent le texte avec un véritable sens du comique et une belle complicité.

Drôle, mordant et intelligent, "Et à la fin, ils meurent"  réussit à divertir tout en faisant réfléchir. Un spectacle audacieux et réjouissant, qui bouscule les contes de notre enfance pour mieux questionner le monde d’aujourd’hui.

 

A voir à la Manufacture des Abbesses 

 

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Killer Joe

⭐⭐⭐⭐

Chris doit trouver de l’argent de toute urgence pour sauver sa peau. Sans un sou, sans famille pour l’aider, il va alors imaginer l’impensable : commettre un meurtre pour récupérer une assurance vie à 50 000 $ !
Pour arriver à ses fins, il décide de faire appel à Joe Cooper, flic le jour et tueur à gages la nuit. Mais ce qui devait être pour lui une solution pour sa survie, vire inévitablement au cauchemar. Entraînant sa famille dans sa chute….

Malaisant, dérangeant, glaçant : les premiers mots qui me viennent à l’esprit pour décrire la pièce "Killer Joe"  pourraient laisser croire que je n’ai pas apprécié le spectacle. Et pourtant, c’est tout l’inverse.

Au théâtre, être secoué, déplacé, mis face à une humanité brute fait partie de ces expériences rares et précieuses, surtout lorsque la noirceur n’est pas l’unique couleur de la représentation.

Adaptée du texte féroce et sulfureux de Tracy Letts, "Killer Joe"  plonge le spectateur au cœur d’une famille texane pauvre et complètement dysfonctionnelle, prête à tout pour résoudre ses problèmes d’argent. Dans ce marasme moral surgit Joe Cooper, tueur à gages énigmatique et terrifiant, dont l’arrivée fait basculer l’équilibre déjà fragile du clan. La pièce est réputée pour son réalisme cru, ses tensions presque insoutenables et ses scènes d’une violence psychologique et physique qui la rendent naturellement clivante.

Dans cette mise en scène, l’humour noir fonctionne à merveille. Il offre une respiration bienvenue au milieu de l’horreur, et il faut souligner l’excellence d’Olivier Sitruk, qui apporte un contrepoint jubilatoire grâce à un sens du timing comique impeccable. Mais réduire le spectacle à une performance individuelle serait injuste: l’ensemble de la troupe livre un travail d’une précision remarquable, sans la moindre fausse note.

L’interprétation, engagée et physique, rend justice à la brutalité du texte et à la complexité des personnages. Certaines séquences, d’un réalisme frappant, justifient pleinement l’interdiction aux moins de 16 ans, tant elles peuvent heurter.

"Killer Joe"  est une pièce trash, radicale, profondément dérangeante. Elle ne plaira évidemment pas à tout le monde (et c’est aussi ce qui en fait la force). Impossible d’en sortir indifférent.

Pour qui aime le théâtre non conventionnel, provocateur et intense, c’est une expérience à ne pas manquer. Pour les autres, mieux vaut être prévenu: cette plongée dans la noirceur humaine ne laisse aucune échappatoire.

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La promesse de l'aube

⭐⭐⭐⭐

Si La Promesse de l’Aube est le parcours extraordinaire d’une mère qui a sacrifié sa vie pour que son fils perdu au fin fond de la Pologne devienne l’un des plus grand écrivains français, la Promesse de Tigran Mekhitarian, c’est de raconter cette folle aventure sur scène à trois comédiens avec toute son intensité et sa passion.

Ceux qui me lisent depuis longtemps savent combien j’admire le travail de Tigran Mekhitarian, aussi bien comme comédien que comme metteur en scène. J’attendais donc avec impatience son adaptation de "La Promesse de l’aube"  de Romain Gary. Le projet relevait d’un véritable défi pour celui qui s’est fait connaître par ses relectures modernes de Molière puisque le spectacle a été monté en seulement quelques semaines à partir d’un roman d’une grande densité. Les coupes, inévitables, ont été faites avec une remarquable intelligence: à aucun moment le spectateur n’a le sentiment d’une histoire tronquée.

Sur scène, on retrouve une pièce de grande qualité, portée par tout l’amour que Mekhitarian voue à ce texte qu’il qualifie lui-même de "plus beau livre du monde", un roman qui semble résonner profondément avec sa propre histoire. Tour à tour habité et émouvant, ce dernier livre une interprétation empreinte de sobriété, tout en conservant ce phrasé si caractéristique de son jeu. Delphine Husté campe une mère à la fois agaçante, envahissante et bouleversante, brûlant d’un amour inconditionnel pour son fils. Léonard Stefanica, quant à lui, relève brillamment le défi d’interpréter tous les rôles secondaires tout en accompagnant la pièce au violon, apportant une dimension musicale d’une grande justesse.

Moins moderne que ses précédentes adaptatios, ce spectacle n’en porte pas moins la "patte Mekhitarian", notamment dans une scène de danse hypnotisante qui lui confère une touche singulière.

En somme, un spectacle sensible et sincère, à la fois fidèle à l’esprit du roman et accessible à ceux qui souhaiteraient le découvrir pour la première fois.

A voir au Théâtre du Contrescarpe

 

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Tout contre la terre

Coup de coeur 

❤️❤️❤️❤️❤️

Camille Beaurain raconte au journaliste Antoine Jeandey le parcours de son mari, Augustin, agriculteur dans la Somme : leur rencontre, leur amour, leur travail à la ferme… Mais aussi, le terrible système qui humilie la paysannerie française : les relations avec la grande distribution, la volatilité des prix, les conditions d’emprunt bancaire… Alors que Camille raconte, les souvenirs reviennent, les scènes se jouent, et elle vit de nouveau les évènements qui provoqueront le tragique départ de son mari.

"Tout contre la terre" est un spectacle d’une intensité rare, de ceux qui vous serrent le cœur et vous bouleversent profondément. Sur scène, Camille confie à un journaliste le récit de sa vie aux côtés d’Augustin, son mari, éleveur porcin: leur amour, leur travail, leur combat quotidien… et peu à peu, la descente aux enfers d’un homme broyé par un système agricole inhumain.

Inspiré du roman autobiographique "Tu m’as laissée en vie", ce spectacle met en lumière la souffrance silencieuse de milliers d’agriculteurs. On y découvre les humiliations infligées par la grande distribution, la précarité financière, l’endettement, l’épuisement. Même l’amour, la tendresse, la fidélité indéfectible de Camille ne suffisent plus à enrayer la spirale. Et pourtant, ce n’est jamais pesant. Parce qu’on rit (beaucoup) grâce à la galerie de personnages secondaires hauts en couleur qui apportent de la respiration au drame. Cette alternance parfaite entre émotion et humour rend le propos encore plus percutant et le spectacle d'autant plus remarquable. 

La mise en scène, d’une grande sobriété, est d’une redoutable efficacité : quelques blocs recouverts de paille suffisent à transformer l’espace, à faire naître la ferme, la cuisine ou le bureau de l'assureur. 

C’est aussi, au-delà de l’histoire intime de Camille et Augustin, une critique puissante de notre société de consommation, du cynisme de certains grands groupes agroalimentaires, et du mépris parfois inconscient envers ceux qui nous nourrissent. On sort du spectacle à la fois bouleversé, révolté, et infiniment reconnaissant.

Porté par une distribution d’une justesse remarquable, "Tout contre la terre" est une pépite de ce festival. Un spectacle nécessaire, vibrant d’amour, d’émotion et d’engagement. À ne surtout pas manquer.

 

A voir à la Comédie de Paris

 

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Al Capone

⭐⭐⭐✨

 

Christophe Delort, auteur à succès bien connu pour ses comédies, est un homme de défis. Rien que cette année au festival, il a signé pas moins de cinq mises en scène et joue dans trois spectacles chaque jour. Cette fois, il s’est lancé dans une toute nouvelle aventure : le biopic, et pas n’importe lequel : celui d’Al Capone, figure mythique et complexe dont la vie mouvementée ne laisse rien au hasard.

Autant vous dire que le pari est brillamment tenu, et que j’ai adoré cette pièce. L’ambiance de la prohibition est recréée avec un soin méticuleux : décors d’époque, costumes impeccables, effets vidéo immersifs et surtout un groupe de musiciens live qui apportent énergie et authenticité à la représentation.

L’histoire d’Al Capone, l’un des gangsters les plus célèbres de tous les temps, est synthétisée avec finesse, donnant un aperçu à la fois complet et rythmé de sa vie tumultueuse. La mise en scène exploite avec ingéniosité les spécificités de la salle, rendant l’expérience encore plus immersive pour le spectateur.

Alexandre Putfin incarne un Al Capone à la fois charismatique et terrifiant, et le reste de la troupe multiplie avec brio les personnages, passant d’un rôle à l’autre avec une aisance impressionnante.

Le rythme est soutenu, sans aucun temps mort, ce qui empêche toute forme d’ennui. Pour quelqu’un comme moi qui adore apprendre au théâtre, ce spectacle fut un véritable régal.

Je ne peux que vous recommander vivement cette pièce, un spectacle à la fois instructif, captivant et intense qui marquera sans doute les esprits.

 

A voir au Théâtre des 3 clés

 

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Les funambules: Elles

⭐⭐⭐⭐

Avec "Elles", le collectif des Funambules offre un spectacle musical à la fois drôle, intelligent et profondément féministe. Après avoir déjà mené un projet  consacré aux problématiques rencontrées par les homosexuels qui avait été un de mes coups de cœur, Stéphane Corbin poursuit avec la même générosité et humanité en donnant cette fois la parole aux femmes.

À travers des chansons tantôt pleines d’humour, tantôt bouleversantes, le spectacle aborde la charge mentale, l’égalité, le désir d’enfant, les violences ou encore la mémoire de figures comme Simone Veil. Les cinq interprètes musiciennes, accompagnées au piano par Stéphane Corbin, livrent une performance vibrante et touchante, qui fait rire autant qu’elle émeut.

"Elles" est un spectacle pour tous indispensable, qui réussit l’équilibre rare entre légèreté et profondeur. On en sort ému, révolté, mais aussi porté par une formidable énergie de vie.

Un moment unique, généreux et nécessaire : il faut absolument y aller!

A voir à la Gaité Montparnasse

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Le dernier cèdre du Liban

⭐⭐⭐✨

Eva, très intelligente mais surtout très en colère, est une jeune pensionnaire du Centre d’Éducation Fermé pour mineurs de Mont de Marsan.

Abandonnée à la naissance, elle ne connait rien de ses parents.

Pourtant, ce jour-là, convoquée chez le notaire, elle reçoit son héritage : des dizaines de micro cassettes et un dictaphone – la voix de sa mère sur des heures et des heures d’enregistrement.

La pièce "Le dernier cèdre du Liban"  séduit à la fois par la richesse de son récit, la force de son propos mais aussi la performance des comédiens: l'actrice incarnant la mère y livre une prestation remarquable, pleine de justesse et de présence scénique; celle qui joue la fille, tout en sensibilité, donne à son personnage une sincérité touchante. Enfin, un troisième comédien complète la distribution en interprétant une galerie de personnages qui viennent enrichir et rythmer le récit et apporter un peu de légèreté. 

Le spectacle prend des allures de récit d’aventure : le spectateur suit le parcours d’une journaliste de guerre passionnée, dont les choix professionnels bouleversent profondément la vie personnelle. À travers ce destin individuel se dessinent les drames d’une époque. La pièce aborde sans détour les horreurs de la guerre au Moyen-Orient au XXᵉ siècle : pertes irréparables, violence extrême, jusqu’à une scène marquante où l’héroïne subit l’enfermement et la torture. Cette dureté n’est jamais gratuite : elle rappelle le prix du témoignage, le courage d’informer, et la nécessité de laisser une trace. L’œuvre interroge aussi la transmission, l’héritage émotionnel et les blessures collectives qui traversent les générations.

Si l’émotion ne m’a pas toujours pleinement atteinte tant le rythme est soytenu et l'histoire dense, elle reste palpable à travers le texte et l’interprétation. "Le dernier cèdre du Liban"  est une œuvre forte et sensible, qui plonge le spectateur au cœur des tragédies de l’Histoire tout en racontant, avec humanité, une histoire de filiation.

Un spectacle dur mais profondément humain, à découvrir.

 

A voir au Théâtre de l'oeuvre 

 

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Big Mother

⭐⭐⭐⭐

Alors qu’un scandale éclabousse le Président des Etats-Unis et agite la rédaction du New York Investigation, la journaliste Julia Robinson voit sa vie vaciller dans la salle d’audience d’un tribunal quand elle croit reconnaître sur le banc des accusés son compagnon mort 4 ans auparavant.
Son enquête pour élucider ce mystère croise celle de son équipe, et la petite cellule du New York Investigation se retrouve confrontée à un programme de manipulation de masse d’une ampleur inédite.
Ensemble, malgré leurs différends, ils vont devoir mettre à jour le plus gros scandale depuis l’affaire du Watergate.

La démocratie est en péril. Leur vie aussi

 

Avec "Big Mother", Mélody Mourey (dont j’avais déjà énormément apprécié le travail dans "Les Crapauds fous" et "La Course des géants") signe une œuvre dense et haletante qui interroge notre rapport aux données, à l’information et au pouvoir invisible des algorithmes.

Dès les premières minutes, le spectateur est happé par un rythme qui ne faiblit jamais, à la manière d’une enquête journalistique menée tambour battant. 

L’un des atouts majeurs de la mise en scène réside dans l’utilisation permanente de la vidéo. Projections, incrustations, images en direct ou en différé : l’écran devient un personnage à part entière. Loin d’être un simple artifice, cet usage constant des images enrichit le propos, souligne la manipulation des masses par les médias et plonge le spectateur dans une expérience presque cinématographique. 

Le spectacle met en lumière la manière dont nos données, nos clics et nos habitudes se transforment en armes redoutables entre les mains de ceux qui savent les exploiter. C’est à la fois glaçant et salutaire, car il est essentiel que l’art parle de ces dérives contemporaines.

La troupe impressionne par son énergie et sa polyvalence. Six comédiens incarnent une multitude de personnages, passant de l’un à l’autre avec aisance. L’humour cinglant, utilisé avec parcimonie, apporte de véritables respirations dans une histoire aussi intense.

Big Mother interpelle, tant par son propos que par son esthétique. Mélody Mourey réussit le pari de conjuguer une réflexion sociétale brûlante d’actualité avec une mise en scène inventive et spectaculaire. C’est un théâtre qui secoue, qui alerte, mais qui captive du début à la fin.

Un spectacle de grande qualité qui, et c’est amplement mérité, fait salle comble depuis plus de deux ans.

 

A voir au Théâtre des Béliers

 

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Made in France

⭐⭐⭐⭐

Après tout ce temps passé à l’attendre derrière les barreaux, ça y est, Emile a obtenu sa peine aménagée. Dès demain, il passera ses journées à l’usine et ses nuits en centre de détention, de quoi rêver d’une sortie rapide pour bonne conduite. Problème : l’usine où il s’apprête à travailler délocalise. Émile n’a plus le choix : pour se sauver, il faut qu’il devienne le meilleur des syndicalistes, sauve l’usine, ses collègues et, peut-être, au passage, le pays tout entier. Made in France est un spectacle qui raconte le combat d’hommes et de femmes prêts à tout pour sauver l’industrie française... enfin... à tout, sauf à faire quelque chose.

Avec "Made in France", la compagnie La Poursuite du Bleu confirme son engagement artistique et citoyen. Après le remarquable "Coupures", elle revient avec une nouvelle création à la fois percutante et drôle. Le titre annonce la couleur: il sera question de politique et de société sur fond de désindustrialisation.

Servie par une écriture affûtée et un jeu d'acteurs toujours aussi juste, la pièce mêle intelligemment humour et réflexion. On retrouve cet humour qui faisait déjà le charme de leur précédent spectacle. La mise en scène, d'une grande ingéniosité, repose sur très peu d'éléments: une batterie (qui symbolise à la fois le vacarme des machines, la révolte ouvrière et permet de réaliser des effets sonores) et quelques grands panneaux noirs suffisent à recréer l’univers de l’usine.

Tout démarre par un savoureux quiproquo qui plonge le personnage principal dans une usine en grève, menacée de fermeture et de délocalisation. Ce point de départ donne aux auteurs l’occasion de tirer à boulets rouges sur tout un système: le patronat, les politiques, les investisseurs, les syndicalistes… Personne n’est épargné.

"Made in France" est une comédie politique aussi réjouissante qu'engagée. Elle amuse, révolte, interpelle et séduit. Les salles sont pleines et le public est conquis. Un succès pleinement mérité.

 

A voir au Théâtre de la Renaissance

 

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Fin, fin et fin

😳😳😳😳

La folle aventure de trois ami.e.s qui sont allé.e.s pique-niquer pendant la fin du monde.

Je crois bien avoir assisté au spectacle le plus indescriptible de ce festival. Une expérience théâtrale déroutante, excessive, absurde et profondément singulière. Le genre de proposition qui divise, qu'on adore ou qu'on déteste, mais qui ne laisse pas de marbre. Impossible pour moi de lui attribuer une note, mais tout aussi impossible de ne pas en parler.

Les comédiens, jeunes et talentueux , déploient une énergie hallucinante. Ils se jettent dans cette histoire avec un mélange de folie assumée et d’intelligence comique. C’est surprenant, souvent absurde, mais drôle, vraiment drôle.

Quant à l'histoire… que dire ? Avec "Fin, fin et fin", l’auteur ne se contente pas de bousculer les codes du théâtre, il les piétine. Ce spectacle ne ressemble à rien de connu. Peut-être même ne ressemble-t-il à rien du tout. Et pourtant, c’est d’une précision remarquable, foisonnant de trouvailles, d’humour, de chaos savamment orchestré, et d’une certaine profondeur malgré les apparences. 

Alors oui, certains spectateurs resteront totalement hermétiques à cette proposition radicale. D’autres y verront un coup de génie. Mais une chose est certaine: "Fin, fin et fin" ne laissera personne indifférent.

 

A voir au Théâtre Lepic

 

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La fleur au fusil

⭐⭐⭐

Quand son petit-fils l’interroge sur sa vie, Céleste, émigrée portugaise en France, convoques-en sa mémoire les souvenirs passés de sa jeunesse muselée par la dictature de Salazar…

Dans La Fleur au fusil, on découvre un pan de l’Histoire portugaise souvent méconnue: la Révolution des Œillets. Ce seul en scène, aussi touchant que vibrant, nous plonge dans le récit d’une grand-mère à son petit-fils, à qui elle révèle, avec tendresse, qu’elle a joué un rôle décisif dans cette révolution aux côtés de son futur mari.

La mise en scène, quasi chorégraphiée, est d’une grande fluidité et les transitions s’enchaînent avec élégance. 

Mais c’est surtout la performance du comédien qui impressionne. Seul sur scène, il incarne avec une aisance remarquable une galerie de personnages sans jamais tomber dans la caricature. Il passe d’un rôle à l’autre avec une précision bluffante. Il nous fait rire, nous touche, nous captive.

La Fleur au fusil est un bel hommage à ces héros anonymes qui changent le cours de l’histoire. Un spectacle simple, intelligent et profondément humain.

 

A voir au Théâtre de la Huchette

 

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Gagnant-gagnant

⭐⭐⭐

A la fois parodie de convention d'entreprise (avec un festival de loupés : problèmes techniques, dérapages verbaux, démissions en direct, interventions des syndicats, etc.) mais aussi véritable pièce de théâtre, car les discours se succèdent et créent une vraie histoire.

Bienvenue dans le monde merveilleux de l’entreprise… ou plutôt dans sa version la plus déjantée ! Avec Gagnant-Gagnant, le public est plongé dans une grande convention professionnelle où, très vite, tout dérape: les bugs techniques s'enchaînent tout comme les révélations croustillantes. Une satire enlevée qui fait mouche.

L’auteur de la pièce, également comédien principal, incarne avec brio un loser d’une maladresse sans nom, qu’il pousse jusqu’à l’absurde avec une précision réjouissante. Autour de lui, les autres comédiens, tous très convaincants, endossent plusieurs rôles avec une belle aisance et contribuent à maintenir un rythme soutenu tout au long du spectacle.

Certes, c'est un humour assez classique, mais force est de constater que ça fonctionne: les rires fusent dans la salle, les situations absurdes s’enchaînent sans temps mort, et certains passages sont franchement irrésistibles.

En somme, Gagnant-Gagnant est une comédie efficace, populaire, calibrée pour plaire au plus grand nombre. Une soirée sans prise de tête, parfaite pour ceux qui aiment les parodies bien rythmées et les fous rires en cascade.

 

A voir à la Comédie Bastille

 

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Rose Royal

⭐⭐⭐⭐

Je m’appelle Rose. J’ai 50 ans. Je m’en fous, j’ai de beaux restes. Et avec les mecs, je sais me défendre. Je peux vous dire que le dernier type avec qui je suis sortie a eu chaud. Un soir, il matait le JT pendant que j’étais au téléphone. Il m’a dit :
« Mais tu vas fermer ta gueule !? »
Motif : je l’empêchais de mater Delahousse.
Et j’ai vu…La crispation sur son visage… Il allait m’en coller une. Le lendemain je m’offrais un calibre 38 et une boite de cartouche, 650 euros sur un site américain. Je m’appelle Rose. J’ai 50 ans. La peur doit changer de camp.

Adapté du roman éponyme, Rose Royal est un seul en scène intense, porté avec brio par une comédienne absolument bouleversante. Sur scène, seule, Anne Charrier incarne Rose, une femme d’une cinquantaine d’années, libre, indépendante, célibataire assumée et moderne.  Jusqu’au jour où elle croise la route de Luc, un homme apparemment sans histoire. Mais derrière les apparences se cachent parfois des pièges, et Rose, malgré sa lucidité, va peu à peu se retrouver embarquée dans un engrenage qu’elle s’était pourtant juré d’éviter.

Je ne connaissais pas Anne Charrier avant ce spectacle, et j’ai été littéralement scotchée par la puissance de son interprétation. Son jeu est d’une justesse et d’une retenue remarquables. Dans un seul en scène, les acteurs peuvent parfois  se laisser emporter dans un flot de paroles, mais ici, chaque mot trouve sa place, chaque silence résonne. On sent chez elle une vraie intelligence du texte et une capacité rare à transmettre les nuances d’un personnage complexe. Le texte est à la fois brut, sensible, et plein de sous-entendus. L’histoire prend son temps, installe une tension jusqu’à un final percutant, que je n’ai, personnellement, pas vu venir et qui m’a littéralement saisie.

Cette pièce n’est pas à mettre devant tous les yeux. Certains passages sont violents voire dérangeants. Ce n’est pas un spectacle confortable. Et pourtant, j'ai été suspendue aux lèvres de la comédienne du début à la fin. Rose Royal est de ces spectacles qui bousculent, qui dérangent. Il ne laissera personne indifférent, et c’est là, sans doute, sa plus grande force.

 

A voir au Studio des Champs Élysées 

 

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Y'a de la joie

⭐⭐⭐✨

Avant ça, j’avais essayé le bonheur avec un grand B : celui d’Instagram, des citations inspirantes et des méthodes de développement personnel. Résultat : j’ai coché toutes les cases… sauf celle du bonheur. Alors j’ai tenté de comprendre. J’ai lu, testé, et fait des rencontres… étonnantes ! Et je vous embarque dans cette quête drôle, sensible, et surtout joyeuse !

Michael Hirsch, c’est ce type doux, drôle et terriblement attachant qu’on a instinctivement envie d’écouter. Alors, difficile de résister à l’appel de son nouveau spectacle. Figure désormais familière du public avignonnais, il revient avec un seul en scène à la fois profond, tendre et délicatement drôle. Révélé au grand public notamment grâce à son rôle marquant dans Le Montespan, il confirme ici toute l'étendue de son double talent : c'est un excellent comedien et un auteur à la plume fine et intelligente. Dans ce spectacle, sans doute le plus personnel de sa carrière, Hirsch délaisse en grande partie les jeux de mots qui faisaient sa marque pour s’interroger sur une question aussi universelle que vertigineuse: "comment trouver (ou retrouver) la joie de vivre?". Le propos, nourri de vraies recherches scientifiques et philosophiques, est accessible. On rit souvent, on sourit beaucoup. Certains passages gagneraient peut-être à être plus resserrés, mais ces légers flottements n’entament en rien la sincérité du propos. Il en ressort une belle envie de savourer les petites choses, d’ouvrir nous aussi un petit carnet… Bref, de vivre.

 

A voir au Théâtre de l’œuvre 

 

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Intra-Muros

Ma seule et unique expérience Michalikienne s'étant soldée par un échec puisque je n'avais pas aimé "Le porteur d'histoire" (que j'ai revu et aimé depuis), je suis allée voir Intra Muros presque à reculons. Mais tout en me disant que l'histoire, plus proche de la réalité, m'intéressait.

J'ai adoré cette pièce. Mais ce qui est étrange c'est que je suis incapable de dire pourquoi. Oui les comédiens sont bons (mais aucun ne m'a vraiment bouleversée), oui l'histoire est belle, mais rien d'extraordinaire ou de bluffant dans ce spectacle. Et pourtant je n'ai pas vu les 1h45 passer... Je n'ai pas d'explication mais j'ai passé un moment fantastique et je conseille vivement cette pièce. Vous trouverez des arguments vous-même!

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Les trois mousquetaires

⭐⭐⭐✨

A l'heure où la plupart des compagnies ont tendance à faire le choix du seul en scène (probablement pour des raisons plus économiques qu'artistiques), autant dire que "Les trois mousquetaires" dénote dans le paysage théâtral avignonnais. Douze artistes multicasquette sur scène (comédiens et/ou musiciens, escrimeurs, chanteurs) nous offrent un véritable spectacle et nous en mettent plein les yeux. La mise en scène est superbe, les artistes sont extrêmement talentueux (mention spéciale pour Richelieu!) et on est complètement embarqués dans cette épopée folle qui nous emmène sur les routes de France et d'Angleterre. La musique jouée en live est, encore et toujours à mon goût, un vrai plus.

Adapter un roman de 800 pages en 1h35 n'est pas chose aisée. Certains passages mériteraient d'être plus détaillés pour ne jamais perdre le spectateur tant l'histoire est riche, mais c'est impossible au vu du format imposé par le genre théâtral. C'est donc une vraie réussite qui ravira les petits et les grands.

 

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Dolores

⭐⭐⭐

Comme souvent, la programmation du Théâtre Actuel nous propose un spectacle de qualité. Menée par un Olivier Sitruk époustouflant, "Dolores" nous raconte l'histoire extraordinaire de Sylvin Rubinstein, que l'on nous présente comme danseur de flamenco et tueur de nazis. Accrocheur, non? Le tout agrémenté de quelques moments de danse flamenco magnifiques. S'il m'a manqué un petit quelque chose que je ne saurais expliquer pour être un coup de coeur, la pièce n'en est pas moins un excellent spectacle que je conseille sans hésitation, en particulier quand on sait qu'il s'agit d'une histoire vraie. Incroyable!

 

A voir au Théâtre Actuel La Bruyère

 

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Une heure de philosophie

⭐⭐⭐

Quelle belle surprise que ce seul-en-scène de Christophe Delort ! Le pari était audacieux : nous faire découvrir la philosophie en un peu plus d’une heure, tout en la rendant accessible à tous, et en plus, en nous faisant rire. Pari relevé haut la main.

Ce spectacle est bien plus profond qu’on ne pourrait l’imaginer au premier abord. Il invite à réfléchir sur de nombreux aspects de la vie, sans jamais être pesant ni élitiste. L’énergie débordante du comédien, son aisance dans la communication avec le public et sa bonne humeur communicative font de cette heure un vrai moment de plaisir.

Christophe Delort parvient à rendre vivants les grands philosophes et leurs idées avec une simplicité et un humour qui captivent aussi bien les adolescents que les adultes. C’est une excellente introduction à la philosophie, qui donne envie d’en apprendre davantage. On en ressort grandi, avec l’esprit un peu plus éclairé et le sourire aux lèvres. Je recommande ce spectacle à tous ceux qui souhaitent allier culture et divertissement.

 

A voir au Théâtre des 3 clés 

 

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Kessel, la liberté à tout prix

Que dire? La performance du comédien n'est absolument pas à remettre en cause, il est même très bon. Je n'ai juste pas du tout été intéressée par l'histoire, aussi bien narrée soit-elle et le temps m'a paru très long. Mais à en voir les réactions de la plupart des gens du public, d'autres ont adoré. Je suis juste passée à côté.

 

A voir au Théâtre Actuel La Bruyère

 

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Marie Bô : On va tous être d'accord... ou pas

⭐⭐⭐✨

J’ai passé un très bon moment devant ce seul-en-scène porté par Marie Bô, qui se livre avec une grande sincérité. Elle y partage son parcours de vie touchant, empreint d’émotion et ponctué d'humour. Au-delà de son récit personnel, elle propose une réflexion très pertinente sur la tendance à vouloir nous enfermer dans des cases, ainsi que sur la difficulté de s’affirmer dans une société qui, bien que plus ouverte à l’homosexualité, reste encore imprégnée de nombreux clichés."

Si certaines personnes déjà bien informées pourraient regretter certains passages un peu didactiques dans le genre "LGBT+ pour les nuls", ils sont pourtant utiles afin que que le spectacle s'adresse au plus grand nombre. 

Le message transmis déborde d’humanité, et est à la fois essentiel et profondément émouvant. La scène finale se distingue par son intensité : elle bouleverse autant qu’elle fait réfléchir. En conclusion, "on va tous être d'accord... ou pas" est un spectacle à la fois engagé, touchant et drôle.

 

A voir au Point Virgule à Partir d'octobre

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Passeport

⭐⭐⭐⭐

Issa, jeune Érythréen laissé pour mort dans la « jungle » de Calais, a perdu la mémoire. Alors que le seul élément tangible de son passé est son passeport, il entame une longue quête semée d’embûches afin d’obtenir un titre de séjour, entouré de compagnons d’infortune.

J’ai enfin eu le plaisir de découvrir Passeport, et le verdict est sans appel : c’est une pièce remarquable. On y retrouve les ingrédients emblématiques du théâtre d’Alexis Michalik – un rythme soutenu, une mise en scène ingénieuse et un dénouement inattendu. Impossible de décrocher tant le récit regorge de péripéties et que les histoires des personnages, finement entremêlées, captivent et émeuvent.

Ce qui m’a particulièrement frappée, c’est la manière dont l’auteur parvient encore à explorer de nouvelles thématiques tout en conservant ce qui fait la force de son univers. Passeport est sans doute son œuvre la plus engagée à ce jour, mais elle ne verse jamais dans le manifeste militant. Il s’agit avant tout du parcours profondément humain d’un homme en quête de soi, traité avec finesse et sensibilité.

Les comédiens sont excellents, notamment Jean-Louis Garçon, bouleversant dans le rôle d’Issa, et Kevin Razy, qui insuffle une dose d’humour bien dosée et bienvenue. Si le propos est fort, il n’est jamais pesant : la pièce touche par son humanisme bien plus qu’elle ne cherche à faire la leçon.

Une œuvre aboutie, intelligente et profondément humaine que je recommande sans hésiter.

 

A voir au Théâtre de la Renaissance

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ADN

⭐⭐⭐⭐

À la suite d’un test ADN, Tomas découvre qu’il n’est pas le père de son bébé, mais son oncle. Seulement, à sa connaissance, il n’a pas de frère. Le jour où sa mère est prête à lui faire des révélations, Tomas la retrouve assassinée.

ADN est un spectacle assez unique. Tout d'abord, impossible ne pas commencer une critique de cette pièce sans mettre l'accent sur la prouesse du metteur en scène Sébastien Azzopardi. Car pour parvenir à retranscrire cette histoire sur scène et faire défiler un nombre incalculable de décors de manière si fluide, il faut un allier talent et ingéniosité. La nomination aux Molières dans la catégorie "Meilleure création visuelle et sonore" est totalement méritée et une dans la meilleure mise en scène n'aurait pas été volée.

S'il me paraît important de mettre en lumière la mise en scène, j'ai également beaucoup aimé l'idée du spectacle. C'est d'ailleurs la première raison pour laquelle je suis allée voir cette pièce, car les thrillers au théâtre sont assez rares. Inspirée de faits réels mais largement romancée, cette histoire incroyable tient les spectateurs en haleine de la première à la dernière seconde. Le final est même totalement inattendu et j'ai été scotchée par la beauté de la dernière scène, que je ne révélerait évidemment pas. 

Enfin, j'ai eu la bonne surprise d'assister à un spectacle drôle et immersif. Comme dans "Dernier coup de ciseaux", Azzopardi a pris un malin plaisir à intégrer par petites touches le public qui ne demande que ça. J'ai beaucoup ri et je trouve judicieux d'avoir pris le parti de dédramatiser le propos avec une écriture parfois plus légère. 

En résumé, ADN est un spectacle surprenant, intense, haletant et très amusant lors duquel le spectateur va de surprise en surprise et se laisse embarquer dans cette folle histoire avec un immense plaisir.

A voir au Théâtre Michel

 

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C'est pas facile d'être heureux quand on va mal

⭐⭐⭐⭐✨

Nora et Jonathan sont en couple depuis  bien trop longtemps. Et c’est nul. Maxime  quant à lui fait des partouzes pour  rencontrer l’homme de sa vie. Et c’est nul  aussi. Timothée lui, pense qu’il est  heureux, alors que sa vie est nulle. Jeanne  a une vie bien nulle, mais par contre elle  le sait.

Le titre et le pitch du spectacle étaient prometteurs et le fait qu'il ait été récompensée par deux Molières (meilleure comédie et meilleur auteur) l'an dernier m'a poussé à dépasser mes à priori sur les comédies. Quelle bonne idée! J'ai trouvé l'écriture excellente avec, comble du bonheur pour moi, une petite pointe d'humour noir bien sentie. Les personnages, névrosés et caricaturaux à souhait, sont au mieux agaçants, au pire odieux. On peut donc les détester sans aucun remords et c'est un vrai exutoire. Mais pour jouer ce genre de personnages, il faut des comédiens à la hauteur. Le casting est parfait! Impossible pour moi d'en ressortir un du lot tant ils sont chacun brillants dans leur interprétation. Un immense bravo à eux et à l'auteur.

A voir au Théâtre Lepic

 

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Le cercle des poètes disparus

⭐⭐⭐⭐✨

"Oh Capitaine, mon capitaine!". Voilà une réplique qui aura marqué tout une génération. Et dire que le film dont elle est tirée date de 1989! Près que quarante ans plus tard, Tom Schulman s'est lancé le pari fou d'adapter cette oeuvre au théâtre. C'est osé mais le défi est relevé avec brio. Non seulement la pièce retranscrit parfaitement l'histoire d'origine, mais la voir se dérouler sous nos yeux est un pur bonheur. Certes, ce professeur représente une vision totalement idéalisée et utopique du métier, mais quelle performance de Stéphane Freiss! Quel charisme! J'avais déjà été totalement bouleversée par son rôle dans "Le fils" et j'ai eu un plaisir fou à le retrouver sur scène. Il y est entouré d'une bande de jeune comédiens très prometteurs qui apportent un vrai vent de fraîcheur et, en particulier, celui qui a reçu le Molière de la révélation masculine : Ethan Oliel. Le message, ce fameux CARPE DIEM, est universel et intemporel et parlera à tout le public. C'est poétique, philosophique et ça déborde d'une énergie positive qui donne le sourire aux lèvres. 

J'ai eu la chance de voir ce spectacle avec le casting d'origine et je sais que les comédiens qui jouent à Paris ont changé mais, vu la qualité de l'oeuvre, nul doute qu'il vaut encore la peine de se précipiter au Théâtre Antoine pour aller les applaudir.

A voir au Théâtre Libre

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Adel Fugazi : Pause

⭐⭐⭐✨

Je suis de moins en moins fan de one man show car j'ai l'impression de voir toujours le même spectacle. Seuls quelques humoristes trouvent encore grâce à mes yeux. J'étais cependant très curieuse de découvrir Adel Fugazi sur scène, lui que j'avais connu grâce à un sketch qui m'avait fait mourir de rire lors de son passage dans l'émission Comedy Class. Je suis ravie d'avoir retrouvé l'univers qui m'avait tant plu. Un univers complètement barré, loin des standards du stand up, que ne renierait pas le génialissime Yacine Belhousse. Mais Adel a toutefois un style qui lui est propre et qui lui permet de se démarquer des dizaines d'humoristes qui écument les comedy clubs chaque soir. Il a également un don pour aller jusqu'au bout de ses blagues et un sens du rythme qui est indispensable pour réussir à emporter l'adhésion du public. J'ai ri un bon nombre de fois, j'ai beaucoup aimé ce que dégage le comédien et je ne regretterai que la présence un peu trop fréquente d'humour "pipi-caca" qui, certes, a son public, mais qui n'est pas ce que je préfère. Il n'empêche que j'ai passé une très bonne soirée et que le reste des spectateurs également.

 

A voir à La Comédie de Paris

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Les marchands d'étoiles

❤️❤️❤️❤️❤️
Coup de coeur

 

Raymond Martineau, le patron qui semble tout droit sorti d'une pièce de Pagnol, ne réussit pas à imposer son autorité à sa fille. A sa femme non plus, d'ailleurs. Et puis il y a aussi Joseph, son plus jeune employé, dont le père est breton mais dont la mère est juive. Et enfin il y a Louis, son plus vieil employé, dont le nouvel ami est un collabo de la pire espèce. Mais à part ça... La vie poursuit son cours.

 

Comment ne pas être conquis par cet excellent spectacle? Tout d'abord, malgré le sujet, on rit beaucoup, en particulier grâce au personnage du père magnifiquement incarné par l'excellent (et le mot est faible) Guillaume Bouchède. On est également ému par l'amour qui transpire de cette famille au sens large qui se bat avec les moyens du bord pour survivre en temps de guerre et de restrictions et doit parfois s'asseoir sur certains principes dans cette période difficile. Mais surtout, on est tenus en haleine car la tension dramatique augmente au fur et à mesure de l'intrigue jusqu'à un climax surprenant, dramatique et très émouvant. Chaque comédien apporte sa pierre à l'édifice et est extrêmement juste dans son interprétation. Une petite pensée pour Nicolas Martinez pour sa parfaite incarnation d'un personnage si odieux. Humour + émotion + suspense + comédiens épatants... Le combo magique pour un spectacle parfait. Évidemment, impossible de ne pas faire un parallèle avec d'autres pièces ayant déjà abordé la même thématique avec succès tels que "Adieu Monsieur Haffman" ou "Le petit coiffeur". "Les marchands d'étoiles" se hisse largement à leur hauteur, voire les dépasse à mon goût par ses rebondissements et sa faculté à réussir à nous faire rire dans des moments pourtant d'immense tension. Un petit bijou à voir de toute urgence qui fera probablement salle comble jusqu'à la fin du festival.
 
A voir au Théâtre du Splendid

 

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Oublie-moi

Coup de coeur

❤️❤️❤️❤️❤️

Il était une fois une histoire d'amour entre Jeanne et Arthur. Une histoire parfaite. Parfaite jusqu'à ce que Jeanne demande à Arthur d'aller acheter du lait et un timbre. C'était pourtant simple à retenir.

Il était une fois une histoire d'amour qu'Arthur aurait aimé ne jamais oublier.

 

Je viens d'assister à la toute première représentation d'une pépite qui, j'en suis certaine, va faire parler.

"Oublie-moi" c'est avant tout une histoire d'amour, un véritable amour à l'épreuve de la maladie. Il explore la question suivante: comment réagir quand l'être aimé devient peu à peu un inconnu? Le sujet d'Alzheimer, certes lourd, est traité avec beaucoup de finesse et même d'humour. L'histoire est magnifique. L'amour profond qui unit les deux personnages, la résilience admirable de cette femme face à cette souffrance, cette fin pleine de poésie... C'est un tourbillon d'émotions qui m'ont traversée pendant plus d'une heure.

Et que dire des comédiens? La justesse de leur jeu et l'émotion qu'ils parviennent à nous transmettre tout au long de cette descente aux enfers m'ont bouleversée.

Je suis convaincue que le bouche à oreilles va rapidement fonctionner alors je ne peux que vous conseiller de vous précipiter au Théâtre Actuel avant qu'il ne soit trop tard.

 

A voir au Théâtre Actuel La Bruyère

 

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Karim Duval : entropie

⭐⭐⭐

Au fur et à mesure que les années passent, le one man show est un style de spectacle qui m'attire de moins en moins. Il subsiste tout de même quelques humoristes qui continuent à susciter mon intérêt et Karim Duval en fait partie. Tout simplement car je le trouve différent. Ici pas de jeux de mots faciles, pas de clichés vus et revus, les thématiques sont originales et l'écriture est intelligente. D'ailleurs, qui utilise le mot Entropie dans un spectacle d'humour de nos jours? Et en plus, c'est drôle. En somme, s'il y avait un stand up à aller voir, je conseillerais sans hésiter celui-ci.

 

A voir à la Gaîté Montparnasse

 

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La disparition de Josef Mengele

❤️❤️❤️❤️❣️

Coup de coeur

1949 : Josef Mengele débarque à Buenos Aires. Caché sous une fausse identité, l'ancien médecin tortionnaire d'Auschwitz croit pouvoir s'inventer une nouvelle vie. L'Argentine de Juan et Evita Perón est bienveillante, le monde entier veut oublier les crimes nazis. C'est l'errance de Josef Mengele en Amérique du sud jusqu'à sa mort mystérieuse sur une plage du Brésil en 1979. Comment le médecin SS a-t-il pu passer entre les mailles du filet pendant trente ans et jouir d'une telle impunité ?

 

Premier petit coup de coeur de ce festival pour ce seul en scène bouleversant de Mikaël Chirinian. Le comédien nous livre une performance époustouflante (dans la lignée de ce qu'il avait fait dans "la liste de nos envies" ou "l'ombre de la baleine"). Il ne se contente pas de délivrer le texte du livre du même nom, il incarne ce personnage abject, "l'ange de la mort" d'Auschwitz, avec une interprétation tellement puissante qu'on en reste scotché. On déteste cet homme, on vomit les propos tenus et sa lâcheté et on est révolté d'apprendre qu'il a toute sa vie échappé à la justice. De la première à la dernière seconde, le public est tenu en haleine et ne peut que se lever d'un seul homme à la fin pour acclamer l'artiste. Sans aucun doute, ce spectacle, qui résonne particulièrement dans le contexte actuel, sera complet tout le festival et Mikaël Chirinian sera tôt ou tard dans la course aux Molières.

 

A voir à La Pépinière Théâtre

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Du charbon dans les veines

⭐⭐⭐

1958, à Noeux-Les-Mines, petite ville minière du Nord de la France. Pierre et Vlad sont les deux meilleurs amis du monde.
Ils partagent tout leur temps en creusant à la mine, en élevant des pigeons-voyageurs et en jouant de l'accordéon dans l'orchestre local dirigé par Sosthène "boute en train-philosophe de comptoir", personnage central de cette petite sphère joviale et haute en couleurs malgré la poussière du charbon.

À partir du jour où Leila vient jouer de l'accordéon dans l'orchestre, le monde des deux meilleurs amis ne sera plus le même...

 

Véritable succès depuis le début du festival (et complet jusqu'au dernier jour), j'attendais énormément de ce spectacle devant lequel j'espérais verser enfin une petite larme. C'est peut-être parce que j'en attendais beaucoup que je suis restée un peu sur ma faim. Ne nous y trompons pas, c'est un très beau spectacle, très bien joué (magnifique performance de Jean-Jacques Vannier), avec une mise en scène à la Daguerre. C'est propre et probablement moliérisable. Mais il m'a manqué un petit quelque chose pour ressentir de l'émotion. Je ne peux pas dire que je ne recommande pas cette pièce car je pense qu'il s'agit d'un spectacle qui plaira à tous, mais j'en attendais un peu plus.

 

A voir au Théâtre du Palais Royal

 

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The loop

⭐⭐⭐⭐✨

Sale affaire...

Le maire Mitchel n'a pas de chat mais son fils Mike est accusé de meurtre. Et celui-ci a beau être futé comme un bison, toutes les preuves l'accablent. Défendu par l'avocate véreuse de la famille, va t-il s'en sortir face aux assauts répétés de Douglas et Carrie, deux flics incorruptibles bien décidés à le faire tomber ?

La théorie du Chaos dit qu'un battement d'ailes de papillon en Sicile peut provoquer une tempête au Kansas. Les quatre protagonistes vont l'éprouver, enfermés dans une boucle temporelle aux allures de tempête délirante.

C'était pas le jour pour arrêter l'arabica...

 

Très attendu depuis son succès avec "No Limit", Robin Goupil ne déçoit pas. Je dirais même que j'ai largement préféré "The loop". Pas besoin de chercher un message politique caché dans cette pièce, c'est du pur divertissement. A la manière de "Qui a tué Pamela Rose?", nous sommes envoyés dans un commissariat américain et une enquête pour meurtre va être confiée à deux inspecteurs complètement déjantés. La vraie originalité est l'utilisation de la théorie de l'effet papillon pour faire rejouer cet interrogatoire trois fois en modifiant un ou deux détails qui peuvent sembler insignifiants mais qui auront pourtant des conséquences sur l'enquête, emmenant cette scène dans des sphères de plus en plus délirantes. C'est très malin et surtout hilarant. Comment ne pas mettre en lumière les comédiens et en particulier les comédiennes à qui on a donné les meilleurs rôles avec, personnellement, un petit faible pour Juliette Damy et sa prestation irrésistible! Vous sortirez de là le sourire aux lèvres. Il est probable que le spectacle soit complet jusqu'à la fin du festival je lui prédis une très longue vie ponctuée de succès parisien, nomination aux Molières et tournée triomphale! Ce serait amplement mérité.

 

A voir au théâtre du Petit Montparnasse

 

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Le pire premier rencart de l'histoire

⭐⭐⭐

Premier rencard entre Corinne et Marc.
Ils n'ont pas l'air spécialement faits l'un pour l'autre.
D'ailleurs, ils n'ont même pas l'air d'avoir envie d'être là.
La serveuse et le patron du bar ont leurs propres problèmes.
Le monde aussi.
Et puis ça empire.

Est-ce qu'on peut encore rencontrer des gens nouveaux quand tout le monde a ses raisons d'être en colère ?

La nouvelle comédie de l'auteur de "À suivre", "aPhone" et "On en est là" aimerait vous répondre que oui... mais c'est pas gagné.

 

Je n'ai pas l'habitude de faire la promotion d'une comédie. Je vais déroger à ce principe parce que, pour une fois devant ce genre de spectacle, j'ai passé un très bon moment. J'ai même ri plus d'une fois. Le sujet, loin d'être inintéressant, est une critique assez bien vue de pas mal d'aspects de notre société. Les comédiens sont chacun très convaincants dans leur rôle et campent des personnages tous très différents, tantôt odieux, tantôt touchants, mais très bien écrits et interprétés. Chacun pourra retrouver un peu de lui dans l'un ou plusieurs d'entre eux, même si, comme dans toute bonne comédie, ils sont très caricaturaux.
En tous cas, si vous cherchez un spectacle divertissant mais également intelligent, n'hésitez pas et allez assister au pire premier rencart de l'histoire.
 
A voir au Café de la gare.

 

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Le porteur d'histoire

⭐⭐⭐✨

Par une nuit pluvieuse, au fin fond des Ardennes, Martin Martin doit enterrer son père. Il est alors loin d'imaginer que la découverte d'un carnet manuscrit va l'entraîner dans une quête vertigineuse à travers l'Histoire et les continents.

Quinze ans plus tard, au coeur du désert algérien, une mère et sa fille disparaissent mystérieusement.
Elles ont été entraînées par le récit d'un inconnu, à la recherche d'un amas de livres frappés d'un étrange calice, et d'un trésor colossal, accumulé à travers les âges par une légendaire société secrète.

 

Voilà 10 ans qu'Alexis Michalik a remporté deux Molières pour ce spectacle et il continue à remplir des salles. Il est donc impossible de ne pas louer la qualité de l'écriture, des comédiens et de la mise en scène de cette pièce. L'horaire tardif, un strapontin très inconfortable, la fatigue accumulée depuis 15 jours, le tout ajouté à la complexité de l'histoire... Tous les ingrédients étaient réunis pour que je passe un moment difficile. Et pourtant, j'ai aimé. Cependant, que c'est compliqué! D'ailleurs, je suis vraiment preneuse d'explications sur la fin bien que, si j'ai bien compris, il semble qu'il y ait volontairement plusieurs analyses possible. Voilà bien mon bémol: j'aime comprendre et, s'il est facile de se laisser emporter par cette histoire, je n'aime pas sortir avec autant de questionnements.
Je paie à priori mon inculture et ma méconnaissance du Comte de Monte Cristo.

 

A voir au théâtre du Petit Montparnasse

 

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