Le discours d'un roi ⭐⭐⭐✨

Dans l’Angleterre des années 30, le duc d’York, paralysé par un bégaiement handicapant, se retrouve propulsé malgré lui vers le trône. Sa rencontre avec un orthophoniste australien aux méthodes atypiques va bouleverser sa vie, et peut-être changer le destin d’un royaume au bord du chaos. Entre tensions familiales, montée des totalitarismes et naissance d’une amitié improbable, Le Discours d’un Roi est une œuvre magistrale sur le courage, la résilience et la conquête de sa propre voix.

Ce que je retiendrai avant tout du spectacle "Le Discours d’un roi", c’est évidemment Philippe Torreton. Je n’avais encore jamais eu la chance de le voir au théâtre et je comprends désormais pourquoi il rencontre un tel succès. Mais évidemment, le spectacle ne se résume pas à sa performance. Il faut dire, tout d'abord, que l’histoire elle-même est passionnante. Celle d’un homme que rien ne prédestinait à devenir roi et qui, après l’abdication de son frère, se retrouve contraint d’assumer une fonction pour laquelle il ne se sent absolument pas préparé. À cela s’ajoute son bégaiement, un handicap particulièrement cruel pour celui qui doit désormais prendre la parole devant tout un peuple, au moment où l’Europe s’apprête à basculer dans la guerre.
L’adaptation du film fonctionne très bien et la mise en scène laisse toute sa place au texte et aux comédiens. J’ai particulièrement aimé l’utilisation du grand écran en fond de scène, qui permet de multiplier les décors grâce à des images d’une très belle qualité, mais aussi d’intégrer quelques vidéos pour replacer l’histoire dans son contexte. L’une d’elles, montrant les bombardiers allemands et des foules saluant leur Chancelier, est particulièrement glaçante et rappelle brutalement les enjeux qui dépassent peu à peu l’histoire personnelle du futur George VI.
Et c’est évidemment dans la peau de ce dernier que Philippe Torreton impressionne. Il est extrêmement touchant dans la fragilité, le doute, la colère parfois, mais aussi dans tous les efforts que cet homme doit accomplir pour parvenir à dépasser ses peurs. Sans jamais forcer l’émotion, il rend ce roi extrêmement attachant et sa prestation donne au spectacle une grande partie de sa force.
Face à lui, Francis Huster incarne Lionel Logue, ce thérapeute aux méthodes peu conventionnelles qui va peu à peu instaurer avec son patient une relation bien plus profonde qu’un simple rapport professionnel. Il apporte au personnage son énergie et sa personnalité très reconnaissables, et le duo fonctionne bien.
J’ai également beaucoup apprécié Delphine Depardieu, que je découvrais elle aussi au théâtre. Dans le rôle d’Elizabeth, elle est d’une grande sobriété et trouve parfaitement sa place aux côtés de Philippe Torreton. Elle incarne avec beaucoup de justesse cette épouse aimante, attentive et toujours présente, sans jamais en faire trop.
Les autres personnages sont davantage en retrait, avec des interventions plus courtes, mais ils permettent de faire exister tout le contexte familial et politique qui entoure l’accession au trône de George VI.
"Le Discours d’un roi" est donc une adaptation fidèle, portée par une histoire vraie aussi passionnante qu’émouvante. Celle d’un homme qui ne devait pas devenir roi et qui va pourtant devoir trouver sa voix, au sens propre comme au figuré, au moment où son pays en a le plus besoin.

 

A voir au Théâtre du Gymnase Marie Belle jusqu'au 3 janvier

Du mercredi au samedi à 21h, le samedi à 16h, le dimanche à 16h30

De David Seidler, adaptation Patrick Haudecœur, Gérald Sibleyras, mise en scène Jérémie Lippmann. Avec Philippe Torreton, Francis Huster, Delphine Depardieu, Grétel Delattre, Pierre Aussedat, Urbain Cancelier, François Dunoyer, Clément Koch.

 

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