En quelques mots:
Comédien, musicien, auteur, metteur en scène et compositeur, Thomas Gendronneau est un artiste aux nombreux talents qui aime faire dialoguer le théâtre, la musique et les différentes formes d'expression artistique. Passionné de théâtre depuis l'enfance, il se forme au Cours Florent et multiplie ensuite les expériences sur scène, travaillant notamment sous la direction d'Ivo van Hove, Justine Heynemann, Philippe Calvario ou encore Robin Goupil. Il collabore également avec la Comédie-Française en assistant Éric Ruf à la mise en scène de "Bajazet".
En 2023, son interprétation remarquable du pianiste Glenn Gould dans Glenn, naissance d'un prodige, d'Ivan Calbérac, lui vaut le Molière de la révélation masculine, une belle consécration pour ce comédien aussi talentueux que polyvalent. Mais Thomas Gendronneau ne se contente pas de jouer la comédie! Musicien multi-instrumentiste, il compose également pour le théâtre et le cinéma. À la tête de sa compagnie, La Caravelle, il développe des créations originales mêlant théâtre, musique et vidéo, à l'image d'Arianne, un pas avant la chute, un spectacle percutant (et un de mes coups de coeur de ces dernières années) qu'il a écrit, mis en scène et composé. Après avoir notamment participé à "Nous, les héros", mis en scène par Clément Hervieu-Léger, il poursuit son parcours sur les planches. On le retrouve en 2026 dans Déni, au Théâtre de Paris, où il démontre une nouvelle fois toute l'étendue de son talent.
Où peut-on le retrouver?
Il est actuellement à l’affiche de Déni, au Théâtre de Paris, jusqu’au 10 janvier 2027. Dans cette pièce de Sophie Cottin, mise en scène par Raphaëlle Cambray, il incarne Romain, un des rôles principaux et personnage complexe, et signe également la musique originale du spectacle. Une belle occasion de découvrir ses talents de comédien et de compositeur !
1. Dans quel spectacle contemporain auriez-vous adoré jouer?
Impossible de choisir entre deux pépites théâtrales qui m’ont bouleversées à des moments différents de ma vie :
- "Les Naufragés du fol Espoir" d’Ariane Mnouchkine avec la troupe du théâtre du Soleil, que j’ai vu deux fois à 16 ans grâce à un professeur de français génial. Ma première expérience de théâtre de troupe, et de grande fresque théâtrale.
- "Katerina et la beauté de tuer un fasciste" de Tiago Rodrigues, que j’ai vu il y a deux ans, et qui m’a bouleversé par sa puissance narrative, politique, essentielle. C’est le théâtre que j’aimerais défendre, encore et toujours.
2. Si vous pouviez obliger tout le monde à voir une pièce dans sa vie, laquelle choisiriez-vous?
Oups, je crois que je viens d’y répondre juste avant. Alors j’en donne une autre, parce que ce fut un tel bonheur d’en faire partie : "Les Damnés" d'Ivo Van Hove. Parce que c’est une pièce tirée d’un film de Visconti majeur, terriblement violent mais important, politique. Et que cette forme était complète, pluridisciplinaire, bouleversante dans son ingéniosité.
3. Quel comédien(ne) pourriez-vous regarder jouer pendant des heures, même s'il ou elle lisait l'annuaire?
Comment choisir, là encore .. Je dirais Elsa Lepoivre, pour son humanité constante sur scène et dans la vie, pour sa voix, son charisme, sa présence. J’ai eu la chance de l’écouter plusieurs fois sur scène au plus près d’elle recevoir un des plus beaux monologues de Jean-Luc Lagarce dans "Nous les Héros" mis en scène la saison passée aux Bouffes du Nord, et il n’y a pas une seule fois où je n’ai pas été saisi par sa sincérité, son incroyable manière de vivre sur scène.
4. Quel rôle aimeriez-vous jouer alors qu'on ne pensera probablement jamais à vous pour le faire?
J’ai la chance d’avoir eu plusieurs rôles qui auraient pu sembler être des contre-emplois, comme Angelo dans "Mesure pour mesure", mais j’ai la fantaisie de croire que n’importe quel.le comédien.ne peut tout jouer. Plus jeune, j’aurais répondu Cyrano de Bergerac (même si aujourd’hui j’ai encore plus d’affection pour Christian).
5. Après une représentation, quelle remarque de spectateur vous fait le plus plaisir?
Que cette personne ait oublié un court instant qu’iel était spectateur.ice. Qu’elle reparte le cœur et la tête chargés d’un monde de questions à décortiquer.
6. Quelle est votre salle de théâtre préférée?
Les Bouffes du Nord. Simple. Basique.
7. Avec quel metteur ou metteuse en scène rêvez-vous de travailler?
Immense envie de naviguer sur scène avec Julie Deliquet à la barre.
8. Quel spectacle vous a donné envie de devenir comédien(ne)?
"Cyrano de Bergerac" à la Comédie Française (grâce à ce même professeur de français, Monsieur Le Pape, ça ne s’invente pas) qui nous a emmené depuis notre collège de banlieue du fin fond de Seine-et-Marne jusqu’au poulailler de la salle Richelieu. Michel Vuillermoz m’a fait verser ma première larme devant une œuvre, souvenir impérissable de liesse et de joie.
9. Quel personnage de théâtre inviteriez-vous à dîner?
Peer Gynt, qu’il m’en raconte des vertes et des pas mûres sur ses voyages mensongers.
10. Si vous aviez une soirée de libre demain, quel spectacle iriez-vous voir?
Pour voyager, j’aurais voulu voir "Le Livre de K" de Simon Falguières dont j’adore l’univers, avec plein de copains sur scène. Et bien sûr, The Loop de Robin Goupil, encore avec des ami.e.s formidables, cette fois pour rire et rire encore.
11. Molière ou Shakespeare?
Shakespeare. Ça changera sûrement (je change d’avis une fois par an à ce propos).
12. Avignon ou Paris?
Avignon. Ça changera sûrement (je change d’avis une fois par an à ce propos).
13. Faire rire ou faire pleurer?
Faire ressentir, faire vibrer, les deux donc. Pas de hiérarchies dans les émotions, elles sont toutes louables. Les larmes de joie, c’est pas pour rien que ça existe, non?
14. Reprendre un rôle mythique ou créer un personnage de zéro?
Toujours créer, toujours. Même un rôle mythique, ça demande d’y mettre un peu de soi. Et pour créer un personnage, on ne part jamais vraiment de zéro, je crois.
15. Théâtre de 50 places ou salle de 1000?
Il y a des récits qui nécessitent l’intimité pour prendre leur envol, d’autres qui ont besoin d’une foule attentive. Disons que c’est encore plus vertigineux de jouer devant une salle de 50 places. On est bien plus à nu.
16. Classique ou contemporain?
Joker.
17. Le moment des saluts ou les cinq minutes juste avant l'entrée en scène?
À choisir, les cinq minutes avant l'entrée en scène. Mais mon moment préféré est souvent juste après les saluts, celui où l’on referme le livre.
18. Première ou dernière représentation?
J’adore les dernières.
19. Décor spectaculaire ou minimaliste?
J’adore les grands décors (quand ils sont bien faits). J’adore l’espace vide (quand il est bien occupé). Je sais, j’ai ENCORE évité soigneusement de trancher!
20. Le théâtre en 3 mots
Pensées, souffle, partage. Des pensées soufflées et partagées.
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