Comme au plafond de la chapelle Sixteen : c'est un dieu qu'on voudrait toucher du doigt mais qu'on ne touchera jamais. C'est ce mec qu'on regarde marcher au loin, qu'on rêve d'être mais qu'on ne sera jamais. Guillaume Sentou a bien essayé d'être un mec cool : fort, attirant, qui réussi, qui inspire le respect, qui fume, qui influence... mais force est de constater qu'il n'est rien de plus qu'un people pleaser contraint de promener le bouledogue français de sa copine. Mais plutôt que de tendre vers cet idéal superficiel, mieux vaut peut-être accepter les baskets dans lesquelles nous faisons notre bonhomme de chemin. Devenir aussi bienveillant avec soi qu'on le serait avec ses enfants ou ses amis. Laisser la sévérité de côté et enfin se sentir bien... à sa place.
Guillaume Sentou rêve d’être un mec cool, ce type décontracté qu’on admire pour son aisance naturelle et sa confiance en lui. Mais, comme tout artiste digne de ce nom, il est traversé par ses propres doutes. Je l’avais découvert éblouissant dans des rôles comme ceux d’Edmond Rostand ou d’Auguste Maquet, où il mêlait avec brio humour, charisme et justesse. Son interprétation d’Edmond lui avait d’ailleurs valu un Molière du meilleur comédien. Et pourtant, derrière ce talent éclatant, il se sent ordinaire.
De ce constat est né un spectacle en solo, un récit intime et universel, porté par une écriture subtile et une interprétation d’une grande finesse, entre émotion, juste critique de la société et autodérision. C’est un tournant dans sa carrière : longtemps salué en duo ou en troupe, il choisit ici de se confronter seul au regard du public. Comme un défi lancé à lui-même, et qu’il relève haut la main.
Pour ma part, sa seule présence suffisait à me convaincre de venir. Et je n’hésiterai pas une seconde à retourner le voir sur scène. Je n’ai jamais été déçue.
A voir au Montorgueil, scène des Halles
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