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Un appel de la brigade des mineurs rouvre une blessure enfouie: l’agression subie à neuf ans, restée sans mot ni justice. À travers une enquête obstinée, un procès hors norme et la parole enfin entendue des victimes, se dessine l’histoire d’une réparation. Entre scènes de tribunal et visions oniriques, Pauline Bureau met en lumière la mémoire traumatique, la lutte collective des femmes et la lente sortie du silence imposé. Un spectacle choral, ancré dans notre époque, qui interroge les institutions, donne chair à la reconstruction et fait résonner les voix trop longtemps tues.
Avec "Entre parenthèses", le théâtre s’empare d’un sujet aussi essentiel que bouleversant : les violences sexuelles faites aux enfants. Inspiré d’une histoire vraie, le spectacle frappe par la force de son propos et par la colère sourde qui le traverse, notamment à travers une critique marquée d’un système judiciaire souvent défaillant, incapable de protéger pleinement les victimes.
La mise en scène impressionne par son intelligence. Elle joue avec plusieurs espaces, exploite la profondeur du plateau et intègre la vidéo avec une grande finesse, créant un langage visuel riche et immersif. Par moments, on a véritablement l’impression d’assister à un épisode de série ou à un film, tant la narration est incarnée et cinématographique.
Certaines scènes marquent durablement, en particulier celles du tribunal et la déposition de la comédienne principale, d’une intensité saisissante. Quelques touches d’humour, discrètes mais bienvenues, viennent parfois alléger la tension sans jamais trahir le sujet.
On peut toutefois regretter un démarrage assez lent, ainsi qu’un rythme global qui peine parfois à maintenir l’élan dramatique. Mais cela n’enlève rien à la puissance d’ensemble de ce spectacle nécessaire, qui secoue et interroge longtemps après la sortie de la salle
A voir au Théâtre de la Colline
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