Le quotidien de Léo vacille lorsqu'un inconnu commence à publier en son nom sur les réseaux sociaux. Ce double numérique expose sa vie privée et diffuse de fausses informations qui, très vite, deviennent virales. Le réel se fissure, la paranoïa s'installe. Qui Léo dérange-t-il ? Qui se cache réellement derrière cette manipulation ? Léo semble pris dans un engrenage qui le dépasse...
"Lueur(s)" est sans doute l’un des spectacles les plus surprenants que j’ai vus ces derniers temps. Une surprise autant dans sa forme que dans son fond, tant la mise en scène et la scénographie prennent constamment le spectateur à contre-pied. Difficile également de résumer réellement ce spectacle sans en gâcher les nombreux effets, et ce serait dommage tant la découverte fait partie intégrante de l’expérience.
Porté par une jeune troupe qui signe ici son premier spectacle, "Lueur(s)" impressionne déjà par son originalité. Le spectacle mélange les genres avec fluidité: comédie romantique, thriller, enquête policière… On passe d’un registre à l’autre sans jamais savoir exactement où l’on met les pieds. Et c’est précisément ce qui rend l’ensemble si intéressant.
Le public n’est d’ailleurs pas simple observateur : il est pris à témoin, intégré au dispositif, presque complice malgré lui. Cette proximité crée une atmosphère très particulière et renforce encore le trouble qui s’installe peu à peu. Car "Lueur(s)" est aussi un spectacle profondément moderne, dans sa manière de raconter et de brouiller.
Les jeunes comédiens y sont pour beaucoup. Leur jeu est d’une grande spontanéité: on n’a jamais l’impression de voir des acteurs “jouer”, tout paraît naturel. Cette sincérité donne énormément de force au spectacle.
Tout n’est pas parfait pour autant. Le spectacle connaît quelques longueurs, notamment dans les deux chorégraphies qui ralentissent un peu le rythme. Mais ces réserves restent finalement secondaires au regard de l’originalité de la proposition.
Et puis, une fois sorti de la salle, les questions continuent de tourner dans la tête. Quelle est la part de fiction ? Quelle est la part de réalité ? Le spectacle entretient volontairement le doute, jusqu’à une fin particulièrement surprenante que je me garderai bien de révéler.
Malgré quelques imperfections, "Lueur(s)" est une œuvre singulière, audacieuse et très prometteuse. Un spectacle qui ne ressemble pas aux autres et qui mérite d’être découvert. D’autant qu’il ne reste plus que deux dates : il ne faut pas tarder!
A voir au Théâtre la Flèche le jeudi à 21h.
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