Dérapage(s) ⭐⭐⭐

27 novembre, le commandant de police Laurent Cape et Elisa Parx, son adjointe, sont envoyés sur une scène de crime. Un homme a été assassiné dans une maison de passe. Très vite, les soupçons du commandant se tournent vers Fanny, épouse de la victime, et Rose, une mystérieuse prostituée. Qui de ces deux femmes en voulait à la victime ? Sont-elles vraiment les seules suspectes ? Qui se cache derrière les casinos Stercorat ? L'enquête menée par Cape et Parx les enverra sur différentes pistes qui leur permettront de faire tomber les masques. Tous les masques... ou pas.

Avec Dérapage(s), la compagnie Simone Jacques prouve qu’il n’est nul besoin de décors grandioses pour instaurer une tension psychologique. Elle livre ici une enquête policière efficace, qui saisit le spectateur dès les premières minutes pour ne plus le lâcher.

Le genre du thriller est un exercice que j'apprécie beaucoup au théâtre, et le parti pris du minimalisme s'avère ici être réussi. Le dispositif est dépouillé : deux chaises occupent le plateau. C'est tout. Pourtant, grâce à une création lumière intelligente, l'espace se fragmente et se transforme. 

Si la structure de l'intrigue emprunte des sentiers parfois connus des amateurs du genre, la mécanique globale reste fluide. La montée en tension est progressive, savamment dosée, jusqu’à un dénouement maîtrisé. Même si certains spectateurs les plus perspicaces peuvent voir arriver le retournement final, celui-ci est amené avec finesse et et conserve tout son impact dramatique. Un secret bien gardé que je me garderai de briser ici.

La réussite de ce huis clos repose également sur sa distribution. Si l'ensemble de la troupe est convaincant, certains comédiens se distinguent : le personnage du père est l'élément central et les deux filles, dont le jeu tout en nuances apporte la justesse nécessaire pour rendre cette tragédie humaine crédible et émouvante.

En resumé "Dérapages"  est une pièce où l'on ne s'ennuie pas une seule seconde. Une belle démonstration que le théâtre, lorsqu’il est bien huilé, est un excellent vecteur de suspense.

 

Avec: Véronique Bret, Barbara Castin, Laura Charpentier, Guillaume Loublier, Etienne Ménard

A voir au Théâtre la Flèche le mercredi à 19h

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