Tout démarre là : dans un ventre. Enfin, quand ça démarre... Stella et Neven n’arrivent pas à avoir d’enfant. Commencent les protocoles, les espoirs qui vacillent, les médecins, les Bonnes Fées pas si bonnes que ça, mais toujours, au milieu de cela, le désir « d’amener un petit bébé sur la terre qu’on va aimer plus que tout ». Et la Terre, comment elle a été créée la Terre ? Ne serait-ce pas de la science-fiction de pouvoir fabriquer un enfant ? Chimère est une épopée intime sur la création de la vie, un conte saupoudré d’humour noir, une histoire moderne et universelle.
Avec "Chimère" , la compagnie Aléthéia s'empare d'un sujet encore rarement traité au théâtre: le désir d'enfant et le parcours de PMA. Une thématique forte et sensible, portée par une écriture fine, intelligente et délicieusement piquante, dans la lignée de leur précédent spectacle, "Le Grand Jour".
La pièce alterne avec justesse entre des instants de légèreté et des moments plus bouleversants, suivant le parcours de ce couple confronté aux doutes, aux épreuves, aux conflits, mais aussi à la résilience, au lâcher-prise et, enfin, au bonheur. À leurs côtés, Frédérique Voruz, également autrice de la pièce, est irrésistible dans la multitude de personnages qu'elle incarne. Dès qu'elle entre en scène, elle captive le public grâce à sa folie, son sens du rythme, sa présence et son remarquable talent comique.
En fond de scène, j'ai également beaucoup apprécié le choix de confier les bruitages et les musiques d'ambiance à des musiciens présents sur scène, un parti pris qui apporte une véritable richesse au spectacle.
J'ai en revanche davantage de réserves face au côté parfois très didactique du spectacle, notamment à travers les explications scientifiques et physiologiques autour de la création et la génétique.
Cela n'enlève toutefois rien aux nombreuses qualités de "Chimère" . La pièce traite son sujet avec beaucoup de délicatesse, sans jamais perdre de vue l'humain derrière le parcours médical. On en ressort profondément touché par le chemin parcouru par ce couple, avec le sourire aux lèvres et la sensation d'avoir assisté à une œuvre généreuse, sensible et intelligemment écrite.
A voir au Théâtre des Halles à 14h.
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