Charlie est un enfant tête en l'air, et sa grand-mère, elle, perd la sienne. Les adultes disent qu'elle "sucre les fraises" - il ne voit pas trop le rapport. Quand il apprend qu'elle risque de finir dans une mystérieuse maison si elle rate son contrôle chez le docteur de la tête, Charlie est prêt à tout pour l'aider à retrouver le chemin de ses souvenirs.
Je n'aurais jamais imaginé que mon plus grand coup de cœur de ce début de festival serait un spectacle destiné, en apparence, au jeune public. Et pourtant, "Sucrer les fraises" est une véritable merveille qui prouve que les plus beaux spectacles n'ont pas d'âge.
Avec une infinie délicatesse, la pièce aborde la maladie d'Alzheimer à travers le regard de Charlie et le lien bouleversant qui l'unit à sa grand-mère. Sans jamais tomber dans le pathos, elle réussit à parler de la maladie, de la mémoire qui s'efface et de la fin de vie avec une justesse, une sensibilité et une tendresse remarquables. L'écriture est d'une grande finesse, alternant constamment entre émotion et humour, ce qui rend le propos encore plus touchant.
Les comédiens sont tous excellents, avec une mention particulière pour celui qui incarne Charlie. Il porte le spectacle avec sincérité et spontanéité. Quant à la marionnette de la grand-mère, qui m'inquiétait avant la représentation, elle constitue finalement l'une des plus belles réussites de la mise en scène. Manipulée avec une précision et une sensibilité exceptionnelles, elle semble parfois véritablement prendre vie sous nos yeux.
Mais la plus grande force de "Sucrer les fraises" réside dans la beauté de cette relation entre un petit-fils et sa grand-mère. Une relation d'une incroyable pureté, qui rappelle avec beaucoup de douceur l'importance des liens familiaux face à la maladie. Chacun peut reconnaître un peu de son histoire dans cette famille qui tente, avec ses maladresses, son amour et son courage, d'accompagner une proche jusqu'au bout en lui offrant le plus de bonheur possible.
J'en ai eu les larmes aux yeux. Rarement un spectacle m'aura autant touchée avec autant de simplicité. Une œuvre lumineuse, profondément humaine, qui parle autant aux enfants qu'aux adultes et que je recommande sans la moindre hésitation. Préparez-vous à rire (n'hésitez pas, pour ceux qui seront dans les premiers rangs, à regarder les titres des livres dans la bibliothèque), à être émus… et à ressortir le cœur un peu plus rempli qu'en entrant.
A voir à La Factory (Chapelle des Antonins) à 14h20
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