Octobre 2011. Alors qu’elle n’est même pas en course, Florence Arthaud fait une chute, aussi absurde que brutale, du bateau sur lequel elle navigue tranquillement en solitaire. Précipitée au milieu de la nuit dans une eau à douze degrés, à quinze milles marins de la côte la plus proche et sans aucun moyen de prévenir les secours, elle sait que ses chances d’en réchapper sont quasi inexistantes…
Avec "Une femme à la mer", adaptation du récit autobiographique "Cette nuit, la mer est noire", nous revivons les quelques heures où la navigatrice Florence Arthaud a frôlé la mort. En 2011, tombée de son bateau en pleine nuit au large de la Corse, elle dérive seule pendant des heures dans une mer noire, suspendue (et le mot prendra tout son sens dans cette adaptation) entre la vie et la mort. De cette épreuve naît un témoignage puissant sur l'instinct de survie, mais aussi sur l'amour viscéral de la mer et de la liberté.
Le spectacle séduit d'abord par sa scénographie, d'une grande originalité. La comédienne, suspendue à des fils pendant une grande partie de la représentation, semble littéralement flotter dans les airs. Cet impressionnant dispositif donne une véritable sensation d'apesanteur et nous plonge au cœur de l'océan. C'est visuellement magnifique et presque unique en son genre.
Les projections vidéo viennent compléter ce travail scénique, installant les différentes ambiances sans jamais prendre le pas sur le jeu. La mise en scène reste constamment en mouvement, ce qui rend ce seul en scène particulièrement vivant: on ne voit pas le temps passer.
La comédienne livre une interprétation convaincante et parvient à transmettre autant la peur que la détermination de Florence Arthaud. Au-delà du récit de survie, le spectacle raconte une femme libre, passionnée, profondément habitée par la mer. On comprend pourquoi elle y revenait toujours malgré les dangers.
Plus qu'un récit de naufrage, "Une femme à la mer" est finalement une magnifique ode à la vie, à la liberté et à cette force intérieure qui permet de continuer à avancer lorsque tout semble perdu.
A voir au Théâtre des Gémeaux à 11h40
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