Été 1900. Louise débarque chez Léonie et découvre les rouages de cette maison close où gravite son petit monde fait de gens mal nés mais flamboyants dont ses prostituées pétillantes, drôles, au verbe haut. Cet établissement bien rôdé est tenu de main de maîtresse par sa tenancière, jusqu’à ce qu’un accident tragique vienne tout bouleverser, le livrant au chaos et à la menace de la police. Entre exaltation et désillusion mais toujours en quête de liberté, les filles voient leur destin basculer et n’ont qu’un seul choix : s’unir face à l’adversité.
"La nuit du 14 chez Léonie" est une très belle surprise. Tout commence comme une comédie légère dans une maison close, avec des situations amusantes et des personnages hauts en couleur. On pense alors assister à un simple divertissement... avant que le spectacle ne révèle progressivement toute sa profondeur. Après une bonne demi-heure, le propos prend une tout autre dimension et laisse apparaître une œuvre profondément féministe, qui interroge avec finesse la condition des femmes à la fin du XIXᵉ siècle et au début du XXᵉ siècle.
On s’attache très vite aux quatre héroïnes. Derrière leur quotidien dans une maison close se cachent surtout des femmes aux parcours de vie difficiles, chacune portant ses blessures et ses espoirs. Peu à peu, elles construisent entre elles une relation sincère, une véritable famille de cœur fondée sur la solidarité et l’entraide. À l’opposé, les personnages masculins sont volontairement caricaturaux, oscillant entre figures d’oppression et personnages ridicules, un choix qui renforce le regard porté par la pièce sur cette époque.
La mise en scène apporte également beaucoup au spectacle. Les choix musicaux sont particulièrement réussis et accompagnent parfaitement les émotions du récit. Certaines scènes chorégraphiées sont de véritables parenthèses de beauté, mêlant mouvement, musique et émotion avec beaucoup de justesse.
Et puis il y a cette image finale, magnifique, qui vient conclure le spectacle avec une grande force visuelle et symbolique.
A voir au Théâtre du Roi René à 15h10
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