Être ou ne pas être ⭐⭐⭐✨

"Être ou ne pas être", cela pourrait être l’histoire d’un petit garçon qui rêvait de devenir footballeur et qui a découvert Molière et Shakespeare. Ou bien, l’histoire d’un petit garçon qui a un père connu, et qui cherche à se frayer un chemin dans le monde du théâtre. Ou bien encore, celle d’un dévoilement des sentiments, des souvenirs, l’honneur dédié aux aimés, l’hommage rendu aux disparus, toujours présents dans le cœur.
Du Red Star et son stade Bauer, au théâtre du Chêne Noir d’Avignon, du théâtre du Jour, à Agen, au mythique Parc des Princes, j’ai toujours jonglé avec Maradona en faisant des passes à Beckett et à Marivaux. Et puis, j’ai rencontré un autre William. "Être ou ne pas être" est un solfège de tendresse pour ceux qui croient aux rêves les plus fous, c’est aussi la découverte de tous les autres en nous-mêmes.

Il est assez incroyable que, malgré toutes ces années passées au Festival d'Avignon, je ne sois encore jamais allée voir un spectacle de William Mesguich. Son visage est pourtant omniprésent sur les affiches chaque été, mais j'ai toujours hésité à franchir le pas. Ma première expérience « mesguichienne » aura donc été ce "Être ou ne pas être", et je ne regrette pas ce choix.

Ce seul en scène est avant tout une immense déclaration d'amour. Une déclaration d'amour au théâtre, évidemment, mais aussi au football, son autre grande passion. C'est également un hommage bouleversant à sa mère, et surtout à son père, Daniel Mesguich, immense homme de théâtre dont l'ombre est aussi prestigieuse qu'imposante. Grandir auprès d'une telle figure, admirée de tous, n'est pas chose simple lorsqu'il faut, à son tour, trouver sa propre voie et construire sa propre identité. William Mesguich raconte ce parcours avec beaucoup de pudeur, de tendresse et d'honnêteté.

Habitué à interpréter les plus grands personnages du répertoire, il choisit cette fois de jouer le plus difficile de tous : lui-même. Il se livre avec une sincérité désarmante, évoquant ses souvenirs, ses doutes, ses joies et les liens qui l'ont façonné. On sent que cette parole est profondément personnelle, presque intime. Le spectacle n'est pourtant jamais pesant. L'humour est omniprésent et les éclats de rire ponctuent régulièrement ce récit de vie. Cette alternance entre émotion et légèreté fonctionne très bien et rend le spectacle particulièrement accessible, même pour ceux qui ne connaissent pas l'univers de William Mesguich ou qui sont parfois restés à distance de son théâtre. Ici, il se dévoile sous un jour totalement différent.

La mise en scène, très épurée, accompagne parfaitement cette démarche. Sans artifices, elle laisse toute la place au récit et au comédien, tout en réservant quelques trouvailles discrètes mais ingénieuses qui enrichissent le propos sans jamais le parasiter.

Au final, "Être ou ne pas être" est un seul en scène de grande qualité, sincère, émouvant et souvent drôle. Un spectacle profondément humain qui permet de découvrir un William Mesguich plus personnel que jamais, et qui donne envie de poursuivre la découverte de son univers.

A voir au Théâtre des Corps Saints à 13h25

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