Diabolo menthe ⭐⭐⭐✨

Septembre 2003, Au lycée, Céleste et Benjamin découvrent l’amour fou. Un soir d'hiver, ils se lancent un pari : se retrouver ici, vingt ans plus tard, jour pour jour, pour cocher une liste de promesses le temps d'une nuit. Septembre 2023, Benjamin est au rendez-vous. Céleste n’est pas là. C'est Esmée qui l’attend, la liste au bout des doigts. À travers deux époques et deux duos intimement liés, Diabolo Menthe raconte la transmission, l'absence et la reconstruction. Une histoire de famille, où l'amour laisse des traces bien au-delà de ceux qui l'ont vécu.

"Diabolo menthe" est une pièce située à mi-chemin entre la comédie romantique et la comédie dramatique. Dès les premières minutes, on devine assez facilement où le récit va nous conduire et finalement peu importe puisque ce n'est pas le suspense qui fait la force du spectacle mais la manière dont il déroule son histoire et l'émotion qu'il fait naître.

La pièce alterne entre deux époques qui dialoguent en permanence. Dans le passé, on découvre une histoire d'amour naissante. Dans le présent, un père tente de renouer le lien avec la fille qu'il a abandonnée avant sa naissance. Très vite, on comprend que cette absence a laissé des blessures profondes. La jeune femme a grandi avec ce manque, tandis que son père porte depuis des années le poids de sa culpabilité et des choix qu'il n'a jamais cessé de regretter. Au fil des scènes, le spectacle dévoile progressivement les raisons qui l'ont conduit à fuir ses responsabilités, donnant ainsi davantage de relief aux deux personnages.

L'une des plus belles réussites de la mise en scène réside dans les passages entre les deux temporalités. Souvent déclenchées par un simple mot ou une expression, les transitions s'effectuent avec une fluidité remarquable. Le procédé n'est certes pas révolutionnaire, mais il est ici utilisé avec beaucoup d'intelligence et donne au récit un rythme particulièrement agréable.

Les trois jeunes comédiens défendent leurs personnages avec justesse. Ils rendent crédibles les émotions, les non-dits et les tensions qui traversent cette histoire, tout en laissant progressivement apparaître les liens entre les deux époques.

La mise en scène exploite également avec beaucoup d'habileté la configuration de la salle du Roi du Théâtre du Roi René. Les entrées et sorties par les couloirs latéraux sont intégrées naturellement au récit et participent pleinement à sa fluidité. Si quelques touches d'humour viennent ponctuer le spectacle, j'aurais aimé qu'elles soient un peu plus présentes afin d'offrir davantage de respiration à cette histoire très émouvante.

Au final, on ressort touché par cette histoire de regrets, de pardon et de filiation. Sans chercher à multiplier les rebondissements, "Diabolo menthe" séduit par la finesse de sa construction, la qualité de ses interprètes et la sincérité de l'émotion qu'il parvient à transmettre.

A voir au Théâtre du Roi René à 11h20

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