En quelques mots:
Comédienne et metteuse en scène, Charlotte Matzneff est une artiste passionnée qui occupe une place de choix dans le paysage théâtral français. Formée à l’École Claude Mathieu, elle fonde en 2003 la compagnie Le Grenier de Babouchka, qu’elle codirige avec Jean-Philippe Daguerre.
Sur scène, elle impressionne par la richesse de son jeu et sa capacité à incarner des personnages très différents. On a notamment pu l'applaudir dans Adieu Monsieur Haffmann, Le Petit Coiffeur, Cyrano de Bergerac, Le voyage de Molière, Le Huitième Ciel ou encore La Femme qui n'aimait pas Rabbi Jacob. Ses interprétations lui valent deux nominations aux Molières : en 2024 pour "Le Huitième Ciel" et en 2026 pour La Femme qui n'aimait pas Rabbi Jacob.
Mais Charlotte Matzneff possède une autre corde à son arc, et non des moindres : elle est également une metteuse en scène particulièrement remarquable. Depuis Le Médecin malgré lui en 2017, elle enchaîne les créations ambitieuses et inventives, parmi lesquelles Arlequin serviteur de deux maîtres, Les Trois Mousquetaires, Les Téméraires, Le Chant des lions, Le cercle de craie caucasien ou encore L'Affaire Petiot. Son travail sur Le Chant des lions lui vaut une nomination au Molière de la mise en scène en 2026.
Ce qui caractérise particulièrement son univers artistique, c'est son amour d'un théâtre de troupe populaire, généreux et accessible, où l'émotion occupe une place centrale. Ses mises en scène, rythmées et souvent portées par la musique, témoignent d'une créativité débordante et d'une formidable intelligence du plateau. Aussi brillante devant que derrière le rideau, Charlotte Matzneff fait partie de ces artistes dont le talent, l'exigence et la sensibilité contribuent à rendre le théâtre si vivant et si précieux.
Où peut-on la retrouver?
Elle est actuellement à l'affiche de La Femme qui n'aimait pas Rabbi Jacob au Théâtre du Petit Montparnasse, jusqu'au 31 mars 2027. On peut également la retrouver, en alternance, dans "Cyrano de Bergerac" au Théâtre du Ranelagh. En parallèle, elle poursuit son travail de metteuse en scène avec plusieurs spectacles à l'affiche, notamment Les Trois Mousquetaires au Théâtre Antoine et Le Médecin malgré lui au Théâtre du Ranelagh. Sa création Le Chant des lions continue également de séduire le public lors de sa tournée à travers la France.
1. Dans quel spectacle contemporain auriez-vous adoré jouer?
Je dirais Comme en 14 de Dany Laurent car je trouve les personnages de femmes magnifiques ou Lacrima de Caroline Guiela Nguyen.
2. Si vous pouviez obliger tout le monde à voir une pièce dans sa vie, laquelle choisiriez-vous?
Cyrano de Bergerac, évidemment ! C’est le texte qui m’a donné envie de devenir comédienne. Je me souviens encore de l’intensité des émotions que j’ai ressenties en le découvrant et à quel point je me suis identifiée aux personnages, alors que j’étais encore très jeune. Cette pièce a tout : de l’émotion, de l’humour et des vers magnifiques. Et surtout, elle aborde tellement de sujets universels : l’amour, l’amitié, la différence, le regard des autres, la fierté, le courage, le sacrifice… Mais ce qui me touche particulièrement, c’est l’absence de manichéisme. Aucun personnage n’est tout blanc ou tout noir : chacun possède ses contradictions, ses failles et sa complexité. C’est ce qui les rend si passionnants et si attachants.
3. Quel comédien(ne) pourriez-vous regarder jouer pendant des heures, même s'il ou elle lisait l'annuaire?
Je trouve fascinantes Isabelle carré et Cristiana Réali et j'adorais voir Valérie Karsenti du temps où elle jouait au théâtre. Du côté des comédiens, je dirais Didier Sandre, qui m'avait subjuguée dans Un mari idéal.
4. Quel rôle aimeriez-vous jouer alors qu'on ne pensera probablement jamais à vous pour le faire?
Cyrano.
5. Après une représentation, quelle remarque de spectateur vous fait le plus plaisir?
"Je ne vous avais pas reconnue!" ou alors "Qu'est-ce que vous m'avez fait rire!"
6. Quelle est votre salle de théâtre préférée?
En tant que spectatrice, difficile de n’en choisir qu’une tant Paris regorge de théâtres magnifiques ! Le Théâtre des Variétés, le Théâtre Antoine, le Théâtre Montparnasse, les Bouffes du Nord… chacun possède un charme particulier. En tant que comédienne, j’adore jouer au Petit Montparnasse. J’aime particulièrement la proximité avec les spectateurs et cette énergie du public que l’on ressent si intensément sur scène. Et à Avignon, c’est évidemment le Chien qui fume !
7. Avec quel metteur ou metteuse en scène rêvez-vous de travailler?
Il y en a tellement : Barbara Lamballais, Joël Pommerat, Mélody Mourey, Caroline Guiela Nguyen, Jean-Christophe Dollé, et tant d'autres!
8. Quel spectacle vous a donné envie de devenir comédien(ne)?
Un mari idéal avec Didier Sandre. C'est en voyant cette pièce que j'ai eu la certitude que je voulais en faire mon métier.
9. Quel personnage de théâtre inviteriez-vous à dîner?
Toutes les femmes des femmes savantes de Molière, à commencer par Philaminte et Belise, qui sont des féministes avant l’heure. Et dans un autre style, j'adorerais dîner avec tous les François Pignon!
10. Si vous aviez une soirée de libre demain, quel spectacle iriez-vous voir?
Je n'ai toujours pas vu Made in France. Mais j'aimerais également beaucoup découvrir J'espère que nos enfants iront mieux que nous, Les mémoires de Paul Palandin, Téléphone-moi et Où vont les larmes quand elles sèchent.
11. Molière ou Shakespeare?
Molière!
12. Avignon ou Paris?
Avignon, même si c'est un mois absolument épuisant.
13. Faire rire ou faire pleurer?
Les deux! Pour moi, l’essentiel est de susciter des émotions, quelles qu’elles soient. Faire rire ou faire pleurer, c’est avant tout réussir à toucher le spectateur. Et je suis convaincue que quelqu’un qui sait faire pleurer sait aussi faire rire. Ces deux registres sont finalement bien plus proches qu’on ne le pense.
14. Reprendre un rôle mythique ou créer un personnage de zéro?
Créer un personnage de zéro.
15. Théâtre de 50 places ou salle de 1000?
Si je dois vraiment choisir entre les deux, je préfère la salle de 1000 places ! Paradoxalement, je n’ai jamais été aussi stressée que lorsque j’ai dû jouer dans un tout petit théâtre. La proximité avec le public est telle qu’on perçoit le moindre mouvement d’un spectateur sur sa chaise, ce qui peut être assez déstabilisant! Mais dans l’idéal, je préfère les salles de 300 à 400 places, qui offrent à mes yeux un équilibre parfait entre la proximité avec le public et le confort de jeu.
16. Classique ou contemporain?
J’aime énormément les deux, mais si je devais n’en choisir qu’un seul pour le reste de ma carrière, ce serait le théâtre contemporain.
17. Le moment des saluts ou les cinq minutes juste avant l'entrée en scène?
Le moment des saluts. Les quelques minutes juste avant l'entrée en scène sont beaucoup trop stressantes.
18. Première ou dernière représentation?
Entre les deux. La première est toujours une immense source d’angoisse, qui commence à se faire sentir plusieurs jours avant de monter sur scène. Quant à la dernière, elle s’accompagne inévitablement d’une certaine nostalgie : c’est comme vivre la fin d'une histoire.
19. Décor spectaculaire ou minimaliste?
Décor spectaculaire. J’aime énormément travailler avec des scénographes et voir comment leur imagination et leur créativité peuvent donner vie à un univers.
20. Le théâtre en 3 mots
Partage, émotion, aventure.
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