La prochaine fois que tu mordras la poussière

Publié le 24 janvier 2026 à 23:05

⭐⭐⭐⭐

Dans ce récit profondément intime, l’auteur revient sur son histoire personnelle et sur la relation complexe qu’il entretient avec son père. En filigrane, il aborde son cheminement identitaire, livrant un témoignage sincère, lucide et bouleversant.

"La prochaine fois que tu mordras la poussière"  est un spectacle qui ne peut laisser personne indifférent. Adapté du roman éponyme de Panayotis Pascot par son propre frère, il met en lumière une relation père-fils à la fois conflictuelle, douloureuse mais profondément traversée par l’amour. Ayant lu et beaucoup aimé le livre, j’étais particulièrement curieuse de découvrir ce que la scène pouvait apporter. Sans trop en dévoiler, le choix (aussi audacieux que pertinent) de donner vie au père constitue, à mes yeux, l’une des grandes forces de cette adaptation.

À la qualité d’écriture, déjà unanimement saluée, s’ajoute une mise en scène de Paul Pascot dynamique et inventive. 

Et surtout, le spectacle repose sur un duo de comédiens remarquable. Roméo Mariani est bouleversant : il est d’autant plus impressionnant que cette représentation n’était que sa sixième. On a le sentiment que le texte a été écrit pour lui tant il s’approprie les mots de l’auteur avec une justesse et une sincérité désarmantes. Il traverse les états, les failles et les contradictions de son personnage avec une intensité qui monte crescendo, sans jamais forcer l’émotion.

Si Roméo Mariani capte immédiatement l’attention, Yann Pradal m’a, pour ma part, profondément marquée. Son rôle, en apparence plus discret, est en réalité d’une grande complexité, tant par les choix de mise en scène que par la rareté de ses interventions. Et pourtant, quelle intensité, quelle présence! Chacune de ses interventions semble chargée d’un poids émotionnel considérable.

Intense, crue, profondément émouvante, la pièce "La prochaine fois que tu mordras la poussière" dépasse le simple récit intime pour toucher à l’universel. Elle parle de filiation, d’héritage, de ce que l’on reçoit malgré soi et de ce que l’on tente, parfois maladroitement, de réparer. La scène finale, d’une grande justesse, a visiblement touché la salle : plusieurs reniflements se faisaient entendre autour de moi, signe d’une émotion partagée et difficile à contenir. On sort de la salle secoué, traversé par des émotions contradictoires, avec le sentiment d’avoir assisté à un moment de théâtre rare qui continue de travailler bien après le noir final. Une pièce forte et à voir.

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