Et si partir était parfois la meilleure solution ? Dans la maison de campagne familiale, Matthieu décide en pleine nuit de prendre sa vie en main : il veut partir. Mais Chantal, sa mère, et sa sœur Audrey ne comprennent pas ses réelles motivations. Et si cette décision n'était finalement qu'un prétexte pour quelque chose de bien plus important, au point de le cacher à sa famille. Entre rires et larmes, Laisse-moi partir est une aventure touchante, pleine d'espoir et de pudeur sur une famille qui ressemble à la nôtre.
Il est toujours délicat de chroniquer une première représentation, une pièce étant, par nature, appelée à évoluer et à se préciser au fil des soirs. Le spectacle "Laisse-moi partir" est encore en train de se construire, notamment dans le rythme et certains choix de mise en scène qui gagneront sans doute en fluidité avec le temps, mais il est déjà prometteur. À la fois surprenante, émouvante et souvent très drôle, la pièce parvient à faire cohabiter des registres très différents sans jamais perdre son équilibre. On rit parfois au cœur de situations particulièrement dures, et c’est là l’une des grandes réussites de l’écriture de Romain Poli: installer une forme de légèreté sans affaiblir la gravité du propos. Par moments, on pense à "Oublie-moi", qui reste pour moi une référence en matière de comédie dramatique parfaitement maîtrisée.
La distribution constitue un autre atout majeur. Romain Poli et Cécile Coves notamment, dans les rôles du frère et de la sœur, incarnent avec justesse une relation faite d’affrontements, de piques bien senties et distillées avec un sens du rythme parfaitement maîtrisé, mais aussi d’un amour sans failles.
Quelques ajustements restent sans doute à trouver, mais l’essentiel est déjà présent: une histoire forte et une tonalité singulière. Et un magnifique titre qui prend tout son sens quand on sort de la salle.
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