1789. Alors que la France est en train de vivre un bouleversement sans précédent, Olympe, autrice, metteuse en scène et directrice de troupe, tente en vain de faire jouer son texte Zamore et Mirza à la Comédie-Française. Le refus qu’on lui impose n’a pas d’autre motif que celui de la misogynie ordinaire. Olympe rentre dans une colère aussi puissante que celle qui résonne dans les rues de Paris. Elle rejoint la lutte, participant activement à la construction d’une société nouvelle. Comme de nombreuses citoyennes, elle croit que l’homme de « Tous les hommes naissent libres et égaux » est également une femme… mais en fait, non… pas vraiment…
"Olympe(s)" est un spectacle d'une immense qualité, aussi brillant qu'inventif. Porté par une énergie rock'n'roll, il multiplie les trouvailles de mise en scène et propose une forme libre qui ne cesse de surprendre. Tout semble permis: les idées fusent, les registres se mélangent et le spectacle déborde d'une créativité communicative.
À travers la figure d'Olympe de Gouges, souvent considérée comme l'une des premières grandes féministes françaises, le spectacle fait résonner un combat qui reste profondément actuel puisqu'il interroge la place des femmes, les inégalités et les mécanismes de domination. Le propos est passionnant et montre à quel point les textes et les engagements d'Olympe de Gouges restent d'une étonnante modernité.
Les comédiens sont remarquable. Tous s'investissent pleinement dans ce spectacle exigeant et insufflent une énergie constante à un spectacle qui ne manque ni de rythme ni d'audace. La mise en scène, très inventive, accompagne parfaitement cette effervescence.
J'avoue cependant avoir été parfois un peu déroutée par cette folie permanente. À force de partir dans toutes les directions, le spectacle peut perdre quelque peu son spectateur en chemin.
Malgré cette réserve, "Olympe(s)" reste une œuvre particulièrement intelligente, engagée et passionnante. C'est un spectacle qui stimule autant qu'il divertit et qui permet d'en apprendre beaucoup sur une figure majeure de notre histoire, tout en rappelant que les combats qu'elle menait sont encore loin d'être achevés.
A voir à La Scala à 21h
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