Elizabeth vient d'une famille parfaite. Enfin, à première vue...car dans une famille catholique et aristocrate, on ne parle pas d'inceste. Même quand on l'a vécu. Dans ce milieu où la loyauté prime, dire c'est trahir. Elizabeth entreprend alors une traversée initiatique, un chemin de justice et de consolation, transformant l'isolement destructeur en renaissance créatrice. J’ai besoin d’air, c’est pour ça que je fume est un seule en scène, à 16 voix. C’est le cri de délivrance et le témoignage qu'il est possible de Vivre, malgré tout. On rit et on pleure, la vie en somme!
Avec "J'ai besoin d'air, c'est pour ça que je fume", je poursuis une série de spectacles qui abordent des sujets difficiles, mais qui sont aussi ceux qui me semblent essentiels à porter sur scène. Ici, l'inceste est au cœur du récit, mais il n'est finalement pas l'unique sujet du spectacle. Il est surtout question des liens familiaux, des silences, des non-dits et de la manière dont une famille tente de survivre lorsqu'un tel drame surgit.
Le contexte rend le propos encore plus complexe : celui d'une famille catholique où le silence semble être une valeur fondamentale et où le pardon occupe une place centrale, y compris face à l'impardonnable. Le spectacle explore avec finesse ces contradictions, sans jamais tomber dans le jugement facile.
Ce qui fait aussi la force de la pièce, c'est la place accordée à l'humour. Loin d'atténuer la gravité du sujet, il lui donne au contraire une résonance particulière. On rit parfois, avant d'être rattrapé par l'émotion. Un équilibre délicat, d'autant plus bouleversant lorsque l'on sait que la comédienne est elle-même au cœur de cette histoire.
Il s'agit d'une autofiction : certains éléments ont été transformés, mais la réalité intime qui traverse le spectacle demeure. Une parole nécessaire, courageuse et profondément humaine. Une belle réussite dans cette capacité à mêler le rire et les larmes, tout ce que j'aime au théâtre.
A voir au Théâtre Transversal à 10h45
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