Une vieille dame polonaise vit dans une maison de retraite. Elle s’appelle Irena et personne ne peut soupçonner les actions héroïques qu’elle a accomplies durant la Seconde Guerre mondiale : le sauvetage de 2500 enfants juifs du Ghetto de Varsovie et de la déportation. Alors que trois étudiantes du Kansas enquêtent sur l’histoire vraie de cette héroïne, Irena convoque les fantômes de son passé. Elle reconstitue les bribes d’une mémoire qui s’étiole pour que reste à jamais gravé l’inimaginable. Ce spectacle polymorphe tricote une maille serrée entre fiction et réalité historique, passé et présent, actrices de chair et marionnettes-objets. Juste Irena raconte les maux d’hier pour prévenir ceux d'aujourd'hui, fait résonner les notions de courage et d’humanité, éclaire la grande Histoire et les petites. Mais il n’y a pas de grandes ou de petites histoires dans la vie : il y a La Vie !
"Juste Irena" est sans doute le spectacle le plus original qu'il m'ait été donné de voir cette année. Il mêle avec une grande inventivité le théâtre, les marionnettes, les ombres chinoises et la vidéo pour raconter une histoire aussi bouleversante que nécessaire.
J'avoue avoir eu un peu de mal à entrer dans le spectacle. Le début, largement porté par les marionnettes, ne m'a pas immédiatement captivée. Mais dès que les comédiennes prennent véritablement possession de la scène, le récit gagne en intensité et le spectacle prend toute son ampleur.
On découvre alors le destin exceptionnel d'Irena Sendlerowa, cette résistante polonaise qui sauva près de 2 500 enfants juifs du ghetto de Varsovie pendant la Seconde Guerre mondiale. À mesure que l'histoire progresse, l'émotion monte crescendo jusqu'à un final que j'ai trouvé particulièrement émouvant.
Visuellement, le spectacle est d'une grande beauté. Les différentes techniques se complètent harmonieusement et donnent naissance à des images d'une grande poésie. Bien que je ne sois pas très sensible aux marionnettes, j'ai trouvé que certaines avaient ici une véritable force évocatrice, notamment celles représentant les enfants.
La mise en scène regorge d'idées ingénieuses et de trouvailles visuelles qui servent toujours le propos. Au-delà de ses qualités artistiques, "Juste Irena" possède également une remarquable dimension pédagogique. Il explique avec beaucoup de clarté la Shoah, le fonctionnement des camps de concentration et, surtout, les conditions de vie dans le ghetto de Varsovie. C'est un spectacle particulièrement adapté aux adolescents, qui réussit à transmettre cette page essentielle de l'Histoire avec intelligence, sensibilité et beaucoup d'humanité.
A voir au Théâtre l'entrepôt à 10h50
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