Après le succès de son premier spectacle nommé aux Molières, Mehdi Djaadi revient avec « Couleur Framboise ». Il y incarne une trentaine de personnages aussi drôles que touchants dans un récit personnel : le parcours d’un homme confronté à l’impossibilité de concevoir un enfant avec sa femme, questionnant ainsi sa foi, sa virilité et les injonctions de la société. Loin des codes du stand-up traditionnel, Mehdi Djaadi livre un spectacle solaire et bouleversant d’humanité. En partant d’un récit intime, il touche à l’universel et traite avec humour des questions très actuelles qui nous concernent tous.
Pour terminer ce Festival d'Avignon, j'ai décidé de faire confiance au bouche-à-oreille et me suis retrouvée à la Scala pour découvrir le seul-en-scène de Mehdi Djaadi, "Couleur framboise" (titre qui prendra tragiquement tout son sens au cours du spectacle). Sur le papier pourtant, rien ne semblait me destiner à y aller : il aborde le désir de paternité et la fertilité masculine, un sujet très éloigné de mes préoccupations, vous vous en doutez. J'ai découvert également que je semble être la seule à ne pas connaître Mehdi Djaadi, pourtant nommé aux Molières 2023. J'étais passée à côté de son premier spectacle, cette fois, hors de question de laisser filer l'occasion. Et quelle belle surprise !
Dès les premières minutes, je j'ai été séduite par une écriture d'une grande finesse. Le spectacle est extrêmement drôle, mais sans jamais tomber dans la facilité. Ici, pas d'humour appuyé ou de blagues convenues : les rires naissent de situations justes, de dialogues ciselés et d'un regard très juste sur un sujet rarement abordé au théâtre.
Mehdi Djaadi est également un remarquable comédien. Avec une aisance impressionnante, il fait vivre une galerie de personnages, passant de l'un à l'autre avec une fluidité qui ne laisse jamais retomber l'attention.
Mais ce qui m'a le plus marquée, c'est l'émotion qui se dégage de ce récit. Alors même que le sujet ne me concerne pas directement, j'ai été profondément touchée par la sincérité avec laquelle il partage cette épreuve intime, parfois douloureuse. Il parle de son parcours avec beaucoup de pudeur, sans jamais sombrer dans le pathos, et parvient à rendre son histoire universelle.
Un spectacle capable de me faire rire autant que de m'émouvoir réunit exactement ce que j'aime au théâtre. C'est une véritable découverte et, sans aucun doute, l'une de mes très belles surprises de ce Festival d'Avignon. Une œuvre intelligente, sensible et brillamment interprétée, que je recommande sans hésiter.
A voir à la Scala à 17h30
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